Eviction de Sébastien Thoen : Les syndicats de Canal+ s’insurgent contre le licenciement de pigistes

MEDIAS « Nous nous positionnons contre le danger que représentent aujourd'hui les dérives autoritaires de la direction », écrivent les syndicats du groupe Canal+

20 Minutes avec AFP

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Sébastien Thoen au « Grand Journal » en 2014
Sébastien Thoen au « Grand Journal » en 2014 — SYSPEO/SIPA

Fin novembre, l’humoriste Sébastien Thoen était licencié par Canal+ après un sketch parodiant l’émission L’heure des pros de CNews, la chaîne info du groupe dont la maison mère Vivendi est contrôlée par le milliardaire Vincent Bolloré. Quelques jours plus tard, un texte de soutien signé par 150 personnes avait été rendu public. Mais visiblement, cette marque de coopération n’a pas plu à tout le monde.

Mardi, le site Les Jours a révélé que trois journalistes pigistes de la rédaction des sports de Canal+ « ont été virés lundi » pour avoir signé ce texte. Dans leur communiqué, les trois syndicats se sont indignés de « l’arrêt de la collaboration » entre la chaîne et ces trois pigistes. « La chasse aux sorcières que nous redoutions est-elle lancée ? », se sont-ils interrogés.

Alors que Canal+ vient de récupérer l'intégralité des droits de la L1, ils jugent que cette décision est « incompréhensible » et que la direction « se doit de protéger les collaborateurs et d’assurer un avenir constructif pour le groupe ».

« Personne n’est à l’abri de ce genre de méthodes »

« Nous nous positionnons contre le danger que représentent aujourd’hui les dérives autoritaires de la direction », ajoutent-ils, en appelant tous ceux « qui aiment cette chaîne et qui souhaitent défendre la liberté d’expression », artistes, journalistes, politiques, abonnés, à les soutenir. « Personne n’est à l’abri de ce genre de méthodes », concluent les trois syndicats.

Une autre organisation syndicale, le syndicat de journalistes SNJ, s’était insurgée cette semaine contre la « répression » et la mise au pas « initiée par les dirigeants du groupe Canal+ et leur actionnaire principal ».

150 salariés avaient signé le texte de soutien à Sébastien Thoen, publié par la Société des journalistes de la chaîne cryptée, dans lequel ils revendiquaient leur attachement à « la liberté d’expression, de caricature ou de parodie ». Déjà, en décembre, le commentateur Stéphane Guy avait également été débarqué à la veille de Noël, après 23 ans de maison, pour avoir rendu hommage à l’antenne à l’humoriste.