« L’Équipe » : Le journal de retour en kiosques ce samedi après 14 jours de grève

PRESSE Quelques avancées ont été négociées, mais l’incertitude demeure sur d’éventuels départs contraints

20 Minutes avec AFP

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L'édition du 9 juillet 2016 de « L'Equipe »
L'édition du 9 juillet 2016 de « L'Equipe » — BPI/Shutterstock/SIPA

Coup de sifflet (temporaire) pour la grève chez L'Equipe. Après quatorze jours de mouvement social suivi par une majorité d’employés, le journal retrouve les kiosques à partir de ce samedi et le magazine est disponible en version numérique pour ses abonnés. Les salariés ont décidé de suspendre (et seulement suspendre) leur mouvement en raison de quelques avancées.

Les appels « Reviens vite l’Equipe » s’étaient multipliés cette semaine dans des lettres de soutien signées par près de 300 sportifs et personnalités, sans compter les nombreux témoignages sur les réseaux sociaux de lecteurs assidus du quotidien sportif.

Un élan salué par l’intersyndicale qui remercie « tous les lecteurs, champions, personnalités des arts, des médias ou de la politique, qui ont affiché leur soutien et leur attachement à nos titres ces derniers jours », ainsi que « les donateurs (…) qui ont permis d’alimenter une caisse de solidarité et de tenir le mouvement. »

Le combat n’est pas terminé

Car au finish, l’intersyndicale (SNJ, SNJ-CGT, UFICT-CGT, SGLCE-CGT) a décroché quelques avancées auprès de la direction. Dont « la garantie d’éviter tout départ contraint dans trois des catégories [d’emplois] les plus exposées », à savoir les maquettistes, iconographes et photographes, ce qui représente au total onze postes.

Mais l’incertitude demeure sur d’éventuels départs contraints dans d’autres catégories de personnel, d’où l’avertissement des syndicats : la grève, historique par sa durée, est en suspens mais « le mouvement continue ».

« Si la direction met bien en œuvre tout ce qu’elle peut pour proposer une solution dans le cas où le nombre de départs volontaires serait insuffisant à l’issue de la période de candidature », les représentants syndicaux « stopperont cette grève ». « Dans le cas contraire », l’intersyndicale prévient qu’elle « la relancera afin que la direction respecte ses engagements ».

Peur d’une couverture amoindrie

A l’origine du mouvement, un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) prévoyant la suppression d’une cinquantaine de postes, dont 47 de journalistes, au sein de la SAS L’Equipe (le quotidien, le magazine, Vélo Magazine et l’hebdomadaire France Football, en passe de devenir mensuel) qui emploie 350 personnes. En parallèle, 12 créations de postes sont prévues pour renforcer l’offre Internet.

Avec ce plan, la direction table sur une économie de 5 millions d’euros et entend éviter 6 millions de pertes en 2021, dans un contexte de baisse des ventes papier aggravée par la crise sanitaire et l’arrêt des compétitions sportives au printemps 2020. Mais côté syndicats et salariés, l’ampleur de ces réductions d’effectifs inquiète, craignant qu'elle ne préfigure une moindre couverture de la Ligue 1, du rugby ou des disciplines olympiques. Des conditions de départ jugées insuffisantes pour favoriser les départs volontaires avaient également mis le feu aux poudres.

Sur ce point, l’intersyndicale indique avoir négocié de meilleures propositions avec la direction, à savoir l’augmentation « de 0,5 à 0,9 mois de salaire par année d’ancienneté au-delà de 15 ans pour les journalistes », le « passage de 12 à 15 mois de salaire pour le plafond des départs à la retraite » ou encore l'« allongement du congé de reclassement pour certaines catégories ». Enfin, certaines catégories de salariés seront fusionnées « pour éviter des licenciements subis », ajoutent les syndicats qui espèrent ainsi éviter tout licenciement.