Quarante ans du « Chasse-Marée » : « On change de périodicité, ce qui permet à la revue d’être plus volumineuse »

INTERVIEW « Le Chasse-Marée », qui fête ses 40 ans, change de formule. Enrichie de deux thématiques et de 40 pages, la revue du monde maritime ajoute deux thématiques – l’environnement et l’écologie – à ses nombreux centres d’intérêt

Propos recueillis par Floréal Hernandez

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L'équipe de la revue du monde maritime
L'équipe de la revue du monde maritime — Mélanie Joubert
  • Mercredi, le numéro 318 du Chasse-Marée sera en kiosque et c’est une nouveauté en librairie aussi.
  • Pour ses 40 ans, la revue du monde maritime a modifié sa formule en augmentant sa pagination et les thématiques développées mais en gardant sa richesse iconographique et ses longs articles.
  • Et sous peu, « les abonnés pourront consulter sur Internet quarante ans d’archives du Chasse-Marée », annonce Gwendal Jaffry, son rédacteur en chef.

Une nouvelle formule pour Le Chasse-Marée. Pour ses 40 ans, la revue du monde maritime s’est offert un grand lifting et un financement participatif pour recruter de nouveaux abonnés. Le titre en compte actuellement 7.500 et est vendu à 3.000 exemplaires en kiosque à chaque parution. « La majorité de nos abonnés sont sur la façade Manche-Atlantique et dans l’ouest parisien », détaille Gwendal Jaffry, le rédacteur en chef de Chasse-Marée. Il explique à 20 Minutes ce qui va changer dans le numéro 318 de la revue en kiosque et en librairie ce mercredi.

« Le Chasse-Marée » fête son 40e anniversaire avec une nouvelle formule. La revue est plutôt dans la crise de la quarantaine ou dans les 40es rugissants ?

Gwendal Jaffry, rédacteur en chef de la revue du monde maritieme

Nous ne sommes pas dans la crise de la quarantaine. Ce n’est pas un secret, les ventes déclinent pour la presse écrite en général. Mais on ne va pas si mal que ça. On va même plutôt bien, on est à l’équilibre et en kiosque, nous vendons plus (+7 %). Mais notre modèle économique n’est pas sur la pub mais sur les abonnés, or l’abonnement n’est pas une tendance de la jeune génération. Notre nouvelle formule n’est donc pas liée à la problématique de vente mais on devait se renouveler, apporter quelque chose de plus car notre dernière évolution – assez mesurée – remontait à 2011. On avait ouvert la revue, on l’a rendue plus accessible. Là, on a envie d’autres choses car l’image de la revue n’est pas la bonne.

Pourquoi dites-vous que l’image qu’on a du « Chasse-Marée » n’est pas la bonne ?

Beaucoup pensent qu’on ne s’intéresse qu’aux bateaux du passé, patrimoniaux. Ce n’est pas vrai, on s’intéresse à tout le domaine maritime : aux bateaux​ traditionnels, oui, mais aussi aux métiers contemporains et là, on apporte de nouvelles thématiques : une sur l’écologie en termes de sciences, une autre sur l’environnement. Dans le prochain numéro, qui est le premier de la nouvelle formule, on a un article consacré à la coquille Saint-Jacques, un autre sur la loi littorale avec un juriste. Il y a aussi un reportage sur la descente en kayak de la Volga en 82 jours ou un portrait de Georges Simenon.

Quelles sont les autres modifications de la nouvelle formule de la revue ?

On change de périodicité en passant de neuf numéros par an à six. Mais on reste quasi au même nombre de pages sur l’année car on passe de 92 à 132 pages. Ça permet à la revue d’être plus volumineuse. Ce qui nous permet d’ajouter nos nouvelles thématiques sans déséquilibrer les autres. On cherche un équilibre dans les sujets entre passé et présent, dans les thématiques bateau/homme/technique et dans la géographie avec pas uniquement des articles sur le Finistère mais aussi sur l’Asie, l’Océanie, etc. Autres modifications, on change de papier, on se rapproche d’un format de mook et on arrive en librairie et pas uniquement en maison de la presse.

La couverture du numéro 318 du

La maquette évolue aussi en grande profondeur. On conserve notre souci iconographique en valorisant les photos et nos articles longs : minimum 8 à 10 pages et là, dans le numéro de décembre on en trouve un de 32 pages sur les moliceiros, ces bateaux traditionnels portugais décorés d’art naïf. Mais on a également des formats plus courts sur quatorze pages avec deux à trois articles en lien avec l’actu.

Votre offre papier se double-t-elle d’une offre digitale ?

Tout abonné à la revue est d’office abonné au numérique. Pour l’instant, les abonnés n’avaient accès qu’à dix ans d’archives. Sous peu, ils pourront consulter quarante ans d’archives. Les abonnés numériques purs ne sont pas nombreux. Les marins en mer apprécient d’avoir la revue chez eux et de pouvoir emporter Le Chasse-Marée sur leur tablette. Le site propose quelques articles du numéro en kiosque ouverts pour donner envie de s’abonner. Et à l’occasion de certains événements, on ouvre des articles qui s’en approchent. Pour le Vendée Globe, on met en accès libre un papier sur l’histoire des îles Kerguelen que les skippers vont apercevoir depuis leurs bateaux.

20 secondes de contexte

Le Chasse-Marée comme 20 Minutes sont deux titres appartenant au groupe Sipa-Ouest-France.