Attentat à Conflans : La surexposition médiatique d'un adolescent condamnée par le département des Yvelines

TERRORISME Le jeune collégien de 12 ans, pris en charge par les services de l’aide sociale à l’enfance du département des Yvelines dans le cadre d'une mesure d'assistance éducative, a été interviewé par de nombreuses chaînes de télévision

B.Ch.

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Un hommage à l'enseignant qui a été décapité, devant son collège à Conflans.
Un hommage à l'enseignant qui a été décapité, devant son collège à Conflans. — Michel Euler/AP/SIPA

Un marathon médiatique qui interroge. Un collégien de 12 ans a été interviewé à plusieurs reprises sur différentes chaînes de télévision pour commenter l’acte terroriste de Conflans-Sainte-Honorine et l’assassinat du professeur Samuel Paty.

Le département des Yvelines a condamné ce mardi ce qu’il dénonce comme une « surexposition médiatique ». « Le visage, les propos et l’identité d’un jeune collégien de 12 ans ont été dévoilés sans autorisation par un grand nombre de médias lui demandant de s’exprimer après le drame. Or, ce mineur est pris en charge, par les services de l’aide sociale à l’enfance du département des Yvelines, au titre d’une mesure d’assistance éducative ordonnée par le juge des enfants. »

On doit le premier témoignage de ce jeune garçon, simple et touchant, à un journaliste indépendant qui a diffusé la vidéo sur Twitter samedi à l’issue d’un rassemblement devant le collège de la victime. Reprise et commentée des milliers de fois, la vidéo a attiré l’attention d’émissions comme C à vous, et de BFM TV, entre autres. Libération a aussi consacré un portrait à l’adolescent.

Sans autorisation

« À ce jour, les détenteurs de l’exercice de l’autorité parentale n’ont donné aucune autorisation pour que celui-ci soit interviewé, ni que son visage et son identité soient dévoilés, tant sur des médias écrits qu’audiovisuels, mais aussi sur le Web ou les réseaux sociaux, précise le département des Yvelines. Il s’avère que pour répondre aux différentes sollicitations médiatiques, le jeune mineur était accompagné d’un éducateur et d’un médecin, lesquels auraient donné, de manière verbale, leur autorisation pour son interview. Or, non seulement ces deux personnes n’ont jamais été habilitées à délivrer une telle autorisation mais l’association qui les emploie leur avait par ailleurs préalablement signifié cette absence d’autorisation. »

Plusieurs voix s’étaient élevées dès le 17 octobre pour dénoncer cette exposition médiatique qui pouvait mettre en danger le jeune homme, scolarisé à Conflans-Sainte-Honorine. « Le département demande aux différents médias de cesser la diffusion de l’interview de ce jeune, de la retirer de tous supports afin de ne pas l’exposer davantage, et se réserve, en cas d’inaction, la possibilité d’engager les poursuites civiles et pénales dans l’intérêt du mineur », conclut le communiqué des Yvelines.