Google : La presse française est toujours très dépendante du moteur de recherche

MEDIAS Google détient 93 % du marché français de la recherche sur Internet

20 Minutes avec AFP

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La presse française est toujours très dépendante de Google.
La presse française est toujours très dépendante de Google. — zz/STRF/STAR MAX/IPx/AP/SIPA

Difficile de s’affranchir de Google. La presse française reste fortement dépendante du géant américain pour le trafic de ses sites, selon une étude publiée ce jeudi par le groupe de communication Heroiks.

L’entreprise française a lancé l’an dernier un indice, le « Search dependence index » (SDI), qui mesure la dépendance des sites Internet aux moteurs de recherche, et donc principalement à Google, qui détient 93 % du marché français de la recherche sur Internet.

Une dépendance qui s’est accrue en 2020

En septembre, cet indice a atteint en moyenne 41,5 pour les 35 principales marques françaises de médias, contre 40,5 un an plus tôt. Ce taux reste nettement supérieur à la moyenne des 100 principaux sites français, qui ressort à 33. « On a globalement un univers des marques médias qui sont plus dépendantes que le Web à Google, et cette dépendance s’est encore accrue en 2020 », a commenté à l’AFP François Lienart, directeur des études chez Heroiks.

Selon lui, cela s’explique par plusieurs mouvements, dont la part de marché croissante du navigateur Internet Chrome de Google, qui incite à utiliser le moteur de recherche pour accéder à un site, plutôt qu’à taper son adresse.

Les situations sont toutefois très variables entre les marques de médias, celles s’appuyant sur une communauté très fidèle et un clair leadership ayant une faible dépendance à Google (comme L’Equipe à 16,2 ou Radio Classique à 10,4), contrairement à d’autres comme L’Express (61,6) ou VSD (75,9).

« Construire la potence qui finalement vous tuera »

Pour le responsable des études d’Heroiks, la question du niveau de dépendance est dans l’ensemble préoccupante pour les éditeurs. « Le risque qu’a aujourd’hui la presse, c’est que Google décide un jour de verticaliser [développer lui-même] la production de contenus d’info, quand il y verra un intérêt », comme il l’a fait par le passé pour des activités comme la comparaison de prix, avance-t-il.

C’est pourquoi, pour la presse, se reposer sur Google pour développer son trafic, « c’est tentant, mais le faire au-delà du nécessaire, c’est construire la potence qui finalement vous tuera », prévient-il.

Cette étude est publiée alors que la Cour d’appel de Paris doit se prononcer ce jeudi sur un recours de Google contre l’Autorité de la concurrence, lié à la mise en œuvre du droit voisin, ce principe qui prévoit une rémunération des éditeurs de presse pour l’utilisation de leurs contenus sur les plateformes en ligne.