Les journalistes pigistes auront enfin droit à un congé maternité digne de ce nom

EN PROGRES C'est la fin d'un long combat des associations féministes et des syndicats

Aude Lorriaux

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Des pigistes manifestant pour le respect du droit du travail et contre la retraite par points en décembre 2019.
Des pigistes manifestant pour le respect du droit du travail et contre la retraite par points en décembre 2019. — Jacques Witt/SIPA

C’est la fin d’un long combat pour les journalistes rémunérés à l’article ou à la tâche. La Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) vient de donner son feu vert pour un meilleur accès des pigistes aux indemnités journalières de Sécurité sociale, et donc aux congés maternité, selon le syndicat SNJ-CGT.

« La mobilisation intersyndicale et paritaire a payé ! » s’est félicitée sur Twitter l’organisation. « Il s’agit une véritable avancée pour les femmes pigistes : elles auront désormais un accès plus égalitaire ou un meilleur accès aux indemnités de congé maternité ! » s’est également réjouie l’association Prenons la Une, qui milite de longue date pour que ces congés soient revalorisés.

« Inégalité scandaleuse »

Jusqu’ici, les journalistes pigistes devaient prouver avoir perçu 20.000 euros brut sur les 12 derniers mois pour ouvrir des droits aux indemnités journalières de la Sécurité sociale. Une somme trois fois plus élevée que pour les permanentes et permanents des rédactions, voire n’importe quel assuré social rémunéré à l’heure. Une fois la réforme instituée, les pigistes n’auront plus besoin que d’accumuler qu’environ 6.000 euros brut cotisés de salaires sur cette période.

« Combien de femmes journalistes professionnelles, en France, ont dû faire face à l’absence d’indemnités de congés maternité ? Il fallait mettre fin à cette inégalité scandaleuse » commente le SNJ CGT sur Twitter.

Congés maladie aussi

L’amélioration concerne aussi les congés maladie et les pensions d’invalidité. « C’est une grande satisfaction qui met fin, espérons, à la discrimination que subissaient les journalistes rémunérés à la pige, qui subissaient la double peine : peu de revenus et pas d’indemnisation en cas de pépin de santé ou de naissance », explique Elise Descamps, coordinatrice du pool pigistes CFDT.

La voie est ouverte pour la publication d’un arrêté ces prochains jours. Reste une inconnue : est-ce que les CPAM vont aussi prendre en compte les journalistes qui n’ont pas la carte de presse, s’inquiète la syndicaliste. Réponse dans les semaines qui viennent.