Mediapart : Le site d’information devant la justice après un article sur Darmanin et Lecornu

DIFFAMATION Médiapart avait accusé Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu d’avoir passé des vacances en Corse chez « un repris de justice »

20 Minutes avec AFP

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Mediapart. Illustration
Mediapart. Illustration — Christophe Ena/AP/SIPA

Mediapart doit comparaître vendredi devant le tribunal correctionnel de Paris. Le site d’information avait épinglé en août 2017 les actuels ministres de l’Intérieur et des Outre-mer, Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu, les accusant d’avoir passé des vacances en Corse chez « un repris de justice ».

S’estimant diffamés, les deux ministres, respectivement ministre des Comptes publics et secrétaire d’État auprès du ministre chargé de la Transition écologique à l’époque des faits, avaient porté plainte. Ces derniers ne seront pas présents à l’audience mais représentés par Me Philippe Blanchetier.

« Deux ministres louent la villa en Corse d’un repris de justice »

Le directeur de la publication de Mediapart, Edwy Plenel, doit en revanche assister au procès qui se tiendra devant la 17e chambre, spécialisée dans les affaires de presse. Le 16 août 2017, le site avait publié un article sous le titre « deux ministres louent la villa en Corse d’un repris de justice ».

« Sébastien Lecornu et Gérald Darmanin ont loué une villa dans la région ajaccienne. Pas de chance : c’est celle de l’ancien président de la chambre de commerce d’Ajaccio, condamné pour trafic de drogue international », ajoutait Mediapart.

La villa en question, au nord d’Ajaccio, appartenait à Christelle Godani, une ancienne Miss Corse qui fut la compagne de Gilbert Casanova, condamné à plusieurs reprises, notamment pour trafic de cannabis entre le Maroc et la France.

Une réponse sur Facebook

Dans un long post commun publié sur le compte Facebook de Gérald Darmanin, les deux ministres avaient aussitôt dénoncé un article qui, selon eux, « n’a(vait) d’autre objectif que de nuire et d’annoncer des choses formellement inexactes ».

Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu avaient affirmé avoir fourni à la journaliste le contrat de bail indiquant que Gilbert Casanova n’était pas le propriétaire de la villa et souligné que la légitime propriétaire de la résidence « n’a (vait) jamais eu aucun problème avec la Justice ». « Que la propriétaire du site que nous louons soit l’ex-épouse de quelqu’un condamné par la Justice : cela mérite-t-il un article ? », avaient-ils conclu.