L'Humanité cesse sa collaboration avec le dessinateur Espé après un dessin sexiste sur la journaliste sportive Marion Rousse

PRESSE L'ancien entraîneur cycliste devenu chroniqueur Antoine Vayer est lui aussi écarté

20 Minutes avec AFP

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Vue prise le 13 octobre 2009 à Paris d'exemplaires du journal l'Humanité
Vue prise le 13 octobre 2009 à Paris d'exemplaires du journal l'Humanité — Joel Saget AFP

L’Humanité ne collaborera plus avec le dessinateur Espé et avec l’ancien entraîneur de cyclisme devenu chroniqueur Antoine Vayer, après le tollé suscité par une caricature jugée dégradante de la consultante cyclisme de France Télévisions, Marion Rousse. Sur cette caricature mise en ligne ce week-end pour accompagner une chronique d’Antoine Vayer, on voit l'ex-cycliste professionnelle interviewer en lingerie et sur un lit le coureur Julian Alaphilippe, qui est son compagnon.

Une avalanche de critiques

« Désabusée, L’Humanité porte de plus en plus mal son nom. Il faut n’avoir aucun respect des femmes, de la femme, pour rabaisser à ce niveau six ans de consulting sportif à la télévision », a réagi sur Twitter Marion Rousse. Le dessin a suscité une avalanche de réactions sur les réseaux sociaux. « Que l’on nous inflige encore en 2020 ce type d’humour sexiste, dégradant et vulgaire me plonge dans un profond désarroi… », a déploré Elisa Madiot, attachée de presse dans le milieu sportif et nièce du directeur sportif de l’équipe Groupama-FDJ Marc Madiot. « Odieux. Bofitude. Bas de gamme. Pitoyable. Les mots me manquent », a condamné Patrick Chêne, ancien journaliste sportif à France Télévisions.

Des excuses de la part du journal et du dessinateur

Le journal a dépublié le dessin et présenté ses excuses sur le réseau social : « Nous partageons totalement l’indignation devant ce dessin. Nous l’avons rapidement dépublié. Il est contraire aux valeurs de L’Humanité, qui promeut la dignité des êtres humains et le combat féministe. Nous prions Marion Rousse de nous excuser de ce manque de vigilance ».

« Je suis vraiment désolé, désolé, désolé. Le journal a fait ses excuses, le dessin a été dépublié et j’arrête de travailler pour l’Humanité. Mon but n’était absolument pas de blesser, je n’ai pas pensé à mal, c’est juste de la caricature. J’ai voulu évoquer la porosité entre médias et sport et j’ai voulu m’inspirer des dessins de Tex Avery, a indiqué de son côté le dessinateur, dont c’était la première collaboration pour le journal. Je me suis planté. Quand un dessin n’est pas compris c’est une erreur, mais je n’aurais pas pensé que ça prenne de telles proportions. »