Algérie : L'Europe « préoccupée» par la condamnation du journaliste Khaled Drareni

LIBERTE DE LA PRESSE L’Union Européenne discute avec les autorités avec les autorités algériennes au sujet du journaliste indépendant Khaled Drareni, condamné à trois ans de prison lundi

20 Minutes avec AFP

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Le journaliste Khaled Drareni lors d'une manifestation en mars 2020 à Alger.
Le journaliste Khaled Drareni lors d'une manifestation en mars 2020 à Alger. — RYAD KRAMDI / AFP

Alors que le journaliste indépendant Khaled Drareni, devenu un symbole du combat pour la liberté de la presse en Algérie, a été condamné à trois ans de prison lundi à Alger, et que les appels à libérer le journaliste, se sont multipliés, l’Union Européenne discute avec les autorités avec les autorités algériennes, a annoncé vendredi une porte-parole du chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

« Nous suivons avec préoccupation la situation du journaliste Khaled Drareni », condamné à trois ans de prison ferme pour « incitation à attroupement non armé » et « atteinte à l’unité nationale », a déclaré la porte-parole Nabila Massrali.

Nabila Massrali a ainsi rappelé l’engagement de l’Union pour la liberté de la presse et de la protection des journalistes.

« Nous traitons des cas individuels et des questions relatives aux droits de l’Homme à différents niveaux dans le cadre du dialogue entre l’UE et l’Algérie », a-t-elle assuré, ajoutant que l’UE appelle l’Algérie a « œuvré à l’apaisement et au dialogue ».

RSF dénonce une « persécution judiciaire »

Khaled Drareni, 40 ans, directeur du site d’information Casbah Tribune, est correspondant en Algérie pour la chaîne francophone TV5 Monde et l’ONG Reporters sans frontières (RSF).

Condamné lundi, il était poursuivi à la suite de sa couverture le 7 mars à Alger d’une manifestation du Hirak, le soulèvement populaire qui a secoué l’Algérie pendant plus d’un an, jusqu’à sa suspension il y a quelques mois en raison de la pandémie de Covid-19. Il est incarcéré depuis le 29 mars.

De son côté, RSF a dénoncé une « persécution judiciaire ». Son secrétaire général Christophe Deloire a fustigé une décision d’une « justice aux ordres », qui « soulève le cœur et l’esprit par son caractère arbitraire, absurde et violent ».