Algérie : Reporter sans frontières inquiète après l’arrestation d’un ex-correspondant de France 24

PRESSE Les faits reprochés à Moncef Aït Kaci n’ont pas été détaillés mais, selon sa défense, il s’agirait d’un problème d’accréditation

20 Minutes avec AFP

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Une opération de RSF devant le consulat d'Arabie Saoudite à Paris en octobre 2019.
Une opération de RSF devant le consulat d'Arabie Saoudite à Paris en octobre 2019. — Louise MERESSE/SIPA

Le journaliste algérien Moncef Aït Kaci, correspondant de France 24 jusqu’à peu, a été arrêté, a annoncé la chaîne mardi. Une arrestation qui suscite l’inquiétude de Reporter sans frontières quant à une « répression accrue de la liberté de la presse en Algérie ».

« Nous avons appris l’arrestation du journaliste Moncef Aït Kaci en Algérie, correspondant de France 24 jusqu’à encore récemment », a expliqué France 24 dans son journal télévisé. « Son avocat n’a pas précisé les raisons de son interpellation, mais a simplement dit que les accusations qui pèsent sur lui sont graves », a précisé la chaîne.

Placés en détention provisoire

Le journaliste algérien a été présenté devant le procureur du tribunal de Bir Mourad Raïs, à Alger, en compagnie d’un cameraman, Ramdane Rahmouni, selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD), une association de soutien aux prisonniers d’opinion. Ils ont été placés en détention provisoire.

Les faits reprochés à Moncef Aït Kaci n’ont pas été détaillés, mais selon sa défense, il s’agirait d’un problème d’accréditation. Il est obligatoire d’être accrédité auprès des autorités pour travailler en tant que correspondant de médias étrangers en Algérie. Aucune accréditation n’a été délivrée pour les correspondants locaux de médias français, y compris l’AFP, pour 2020.

« Le 1er juillet 2020, mes employeurs (France 24) ont décidé de mettre fin à leur collaboration avec moi en tant que correspondant, car je ne travaillais plus sur le terrain, car justement j’ai respecté les instructions », a écrit avant son arrestation Moncef Aït Kaci dans une lettre publiée sur le site d’information en ligne Casbah Tribune.

« RSF est profondément inquiète »

Sa détention et celle de son collègue ont suscité une grande émotion parmi leurs confrères et déclenché une vague de protestation sur les réseaux sociaux. « RSF est profondément inquiète de la répression accrue de la liberté de la presse en Algérie : les autorités s’enfoncent dans la spirale infernale de la répression, où de nouvelles mesures arbitraires servent à masquer les précédentes », a déploré Reporters sans Frontières (RSF) dans un tweet.

« Après Khaled Drareni, notre correspondant et celui de TV5, incarcéré depuis quatre mois et dont nous réclamons la libération, c’est au tour de deux autres journalistes ce soir d’être placés en détention. Moncef Aït Kaci (…) et son collègue Ramdane Rahmouni sont victimes de la répression implacable des autorités », a dénoncé RSF.

Devenu le symbole du combat pour la liberté de la presse en Algérie, Khaled Drareni, directeur du site Casbah Tribune, en détention depuis la fin mars, doit être jugé lundi prochain. Il est accusé « d’incitation à un attroupement non armé et d’atteinte à l’intégrité du territoire national » après avoir couvert début mars à Alger une manifestation du « Hirak », le mouvement populaire antirégime qui a secoué l’Algérie pendant plus d’un an jusqu’à sa suspension en raison de l’épidémie de Covid-19.