« L’Equipe » : Les salariés refusent le plan d’économies de la direction

MEDIAS La SAS L'Equipe fait face à une période difficile sur le plan économique

20 Minutes avec AFP

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La SAS L'Equipe regroupe plusieurs titres de presse.
La SAS L'Equipe regroupe plusieurs titres de presse. — JOEL SAGET / AFP

La direction de L’Equipe voulait, entre autres, augmenter la durée de travail hebdomadaire, baisser le nombre de RTT, et demander aux salariés de baisser leurs salaires de 10 %. Elle s’engageait en échange à ne procéder à aucun licenciement économique.

Mardi, les salariés du groupe de médias sportif ont de nouveau refusé ce plan d’économies censé permettre au groupe de faire face à une période difficile.

« Nous ne nous dissimulons pas, nous ne signerons pas », a déclaré le délégué syndical SNJ [Syndicat national des journalistes] Francis Magois à la Correspondance de la presse de mercredi, après une dernière réunion mardi avec la direction.

« Un déficit de plus de 16 millions d’euros »

La SAS L’Equipe, qui emploie 355 personnes, regroupe le quotidien L’Equipe, L’Equipe Magazine, Vélo Magazine, France Football et Sport & Style. La direction avait estimé en juin que 2020 serait « la pire année de la SAS L’Equipe avec un déficit de plus de 16 millions d’euros ».

Le quotidien L’Equipe a ainsi souffert de l’arrêt des compétitions sportives en raison de la crise sanitaire. Il ne constate pas d’amélioration immédiate et s’attend à être dans le rouge en 2021 et 2022.

Après plusieurs plans de départs ces dernières années, la direction envisageait de recourir à un « accord de performance collectif », un dispositif récent créé par les ordonnances Macron autorisant les entreprises en difficulté à renégocier avec les syndicats le temps de travail et les salaires.

La direction a fait de nouvelles propositions le 3 juillet, proposant par exemple que les baisses de salaires soient réversibles à partir de 2025, et qu’un tiers des départs naturels soient remplacés.

Les salariés proposent un effort sur les salaires des dirigeants

Ces propositions ont été refusées dans un courrier signé par 225 salariés. Ceux-ci proposaient de leur côté un effort sur le loyer du siège, sur les salaires des dirigeants, et surtout que la maison-mère du groupe, le groupe Amaury, aide le groupe à surmonter cette crise.

« Il n’y a pas de plan B », a avancé le directeur général du groupe L’Equipe, Jean-Louis Pelé. « Si nous ne devions pas aboutir sur cet accord de performance collective, nous devrions travailler sur de nouvelles sources d’économies qui engloberont toutes nos charges dont la masse salariale », a-t-il déclaré, sans parler de plan social. Les négociations restent ouvertes jusqu’au 31 juillet.

Selon Francis Magois du SNJ, Jean-Louis Pelé « a été étonné par la réaction des salariés qui n’acceptent plus toutes les réorganisations mises en place depuis 2012 et expriment un vrai mal-être ».