« Grazia » : Le magazine féminin arrête sa parution hebdo et prépare un plan social

CRISE DE LA PRESSE Après « Le Parisien » et « L’Equipe », la crise du Covid-19 frappe le magazine « Grazia »

20 Minutes avec AFP

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Des salariées de «Grazia» à la manifestation contre le projet de reprise du groupe Mondadori France par Reworld.
Des salariées de «Grazia» à la manifestation contre le projet de reprise du groupe Mondadori France par Reworld. — BERTRAND GUAY / AFP

Le groupe Reworld Media, qui a racheté l’an dernier Grazia, a décidé de cesser la parution hebdomadaire du magazine féminin pour se concentrer sur le numérique et va supprimer 31 postes, notamment les 16 personnes qui travaillaient pour le magazine papier.

Grazia ne paraîtra plus que « trois ou quatre fois par an » et sera produit par une rédaction externalisée, a expliqué Germain Périnet, directeur des activités presse et éditeur des marques médias chez Reworld : « Grazia est un magazine qui est très dépendant du marché publicitaire et a subi les conséquences de la crise sanitaire. La décision a été prise de recentrer la stratégie du titre Grazia sur le digital, qui a montré de bonnes performances et sur l’événementiel ».

Une trentaine de postes supprimés

Grazia ne paraissait plus depuis le début du confinement, ce qui avait suscité l’inquiétude des salariés placés en chômage partiel. Au contraire, le site Web, piloté par une équipe de trois personnes, a continué son activité et enregistré des records d’audience. La réorganisation implique l’ouverture d’un plan social économique pour les 16 salariés du titre auxquels s’ajoutent des suppressions de postes dans d’autres services, soit 31 au total. « On essaiera au maximum de limiter les départs contraints », a assuré la direction.

Un virage vers le « brand content »

« Il est scandaleux qu’on mette des gens au chômage partiel, un dispositif censé préserver l’emploi, pour qu’à la sortie il y ait des licenciements », déplore Dominique Carlier, élu CGT. Seule Véronique Philipponnat, ancienne de Elle recrutée pour diriger la rédaction, conservera son poste après la réorganisation. Dans un entretien au site Emarketing.fr, elle explique que « depuis le mois d’août et la reprise de Reworld le site a fait +170 % de visiteurs uniques » et que « fort de ses résultats, on a travaillé sur un écosystème de marque » dans lequel « le print reste une sorte de porte-étendard de la marque » avec une périodicité moindre, pour « du temps plus long, avec de la mode et de la beauté, des signatures, du lifestyle… ».

Ce sera aussi l’occasion « d’oser des formats de brand content » et de « travailler sur l’association entre territoire éditorial et annonceurs », a expliqué de son côté lors du même entretien Elodie Bretaudeau Fonteilles, directrice exécutive de Reworld MediaConnect, la régie publicitaire du groupe. Selon Dominique Carlier, « il est à craindre que Grazia finisse comme Be, racheté par Reworld et devenu une marque fantôme sur le Web, utilisée pour faire des salons, où il n’y a plus d’info ».