Coronavirus : « L’Equipe » présente son plan de sauvetage

CRISE Après l’interruption brutale des compétitions sportives, les ventes du quotidien « L’Equipe » ont baissé de plus de 60 %, les recettes publicitaires de 70 %

A.D.

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Le journal « L'Equipe » s’attend à un déficit de 16 millions d’euros pour l’année 2020.
Le journal « L'Equipe » s’attend à un déficit de 16 millions d’euros pour l’année 2020. — Jean-Francois Badias/AP/SIPA

L’équipe, victime collatérale de la pandémie de coronavirus ? Après l’interruption brutale des compétitions sportives, les ventes du quotidien ont baissé de plus de 60 %. Comme pour l’ensemble des titres de presse, L’Equipe subit une chute des recettes publicitaires, ici de 70 %. Le quotidien s’attend à un déficit de 16 millions d’euros pour l’année 2020. Un triste score qui oblige le titre à prendre des mesures. Le projet d’accord de performance collectif, qui doit permettre à L’Équipe de traverser la crise économique, a été présenté ce lundi.

La reprise généralisée du sport, pas attendue avant août, laisse craindre le pire. A la crise sanitaire s’ajoute celle de la distribution. Après le redressement judiciaire de Presstalis et la liquidation judiciaire des SAD, L’Equipe n’est à ce jour distribuée que sur 80 % du territoire.

L’Equipe se retrouve ainsi face à une baisse de ses revenus issus du papier attendue en 2023, sans avoir eu le temps d’accélérer sa transformation sur le numérique payant. Malgré un calendrier sportif dense (avec notamment en 2021 des Jeux olympiques à Tokyo et un Euro de football ; en 2022, une Coupe du monde de foot et des JO d’hiver, en 2023, une Coupe du monde de rugby en France), les prévisions pour 2021 et 2022 oscilleraient entre 10 et 20 millions d’euros de résultat opérationnel déficitaire.

Diminution des RTT et 10 % de salaire en moins

La direction propose à ses employés un « new deal social », selon un communiqué envoyé à la presse. Le groupe souhaite mettre en place une augmentation du temps de travail équivalente à celle des autres sociétés du groupe Amaury.

Cela se traduirait notamment par une diminution du nombre de RTT et la mise en place d’un compte épargne-temps. Les salariés auraient également la possibilité de télétravailler un jour par semaine ou trente-cinq jours par an.

Il serait demandé à chaque salarié une baisse annuelle des salaires de l’ordre de 10 %, à répartir entre le 13e mois et le salaire de base. Les augmentations collectives de salaires seraient gelées mais les augmentations individuelles maintenues.

En cas de refus, une procédure de licenciement pourra être engagée

Afin de récompenser ces efforts, la direction s’engage à mettre en place un système d’intéressement si la situation économique s’améliore et à modifier le calcul de la prime d’ancienneté. La direction envisage de favoriser le départ à la retraite des plus anciens salariés à travers une série de mesures.

En contrepartie des efforts des salariés, le directeur général, Jean-Louis Pelé, renonce à 15 % de sa rémunération annuelle sur la période 2020 à 2024. Les membres du comité exécutif seront soumis, quant à eux, à une baisse de rémunération de l’ordre de 13 %. L’actionnaire renonce à 50 % de sa redevance holding sur les exercices 2020, 2021, 2022, 2023, 2024, soit 8 millions d’euros sur la période. L’Equipe s’engage à ne pas procéder à des licenciements pour motifs économiques sur la période 2020-2024. Les salariés peuvent accepter ou refuser cet accord, mais, en cas de refus, une procédure de licenciement pourra être engagée.