Le « New York Times » dénonce des manquements déontologiques dans le travail de Ronan Farrow

JOURNALISME Le journaliste-star orienterait un peu trop ses enquêtes, d’après le quotidien américain

20 Minutes avec agences

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Le journaliste Ronan Farrow
Le journaliste Ronan Farrow — Zuma / Starface

Ronan Farrow mérite-t-il son Pulitzer ? Le journaliste, qui a remporté le prestigieux prix en 2018 pour son travail autour du mouvement #MeToo et du harcèlement sexuel à Hollywood, qui a contribué à faire tomber Harvey Weinstein, est aujourd’hui accusé par le New York Times de graves manquements à la déontologie journalistique. En cause ? Un article du New Yorker sur Michael Cohen, avocat de Donald Trump, publié en 2018 et dans lequel le fils de Mia Farrow et Woody Allen ferait preuve d’une certaine légèreté avec les faits.

« Farrow livre une narration très cinématique, avec des gentils et des méchants évidents, mais il omet les faits compliqués et inopportuns qui rendent l’histoire moins spectaculaire », explique Ben Smith, journaliste du New York Times, dans son article.

Pas un menteur

L’article du New York Times précise cependant que Ronan Farrow n’est pas un menteur. Il est simplement le représentant le plus célèbre d’une nouvelle manière de rapporter les faits : le «  journalisme de résistance ».

« M. Farrow ne fabule pas. Son travail peut induire en erreur, mais il n’invente jamais rien », reconnaît Ben Smith, qui s’inquiète pour la défiance à l’égard du journalisme. « Cette approche peut être dangereuse, en particulier à une époque où l’idée de la vérité et des faits est attaquée », ajoute-t-il.

Très actif sur les réseaux sociaux, Ronan Farrow a déjà répondu au New York Times, assurant qu’il mettait toute la rigueur nécessaire pour s’assurer que ses articles étaient nuancés et objectifs.