Mort de Hervé Bourges : Hommages appuyés après la disparition du monument de la télé et de radio

DECES Nagui, Delphine Ernotte et Franck Riester notamment ont salué le journaliste et dirigeant de l’audiovisuel français, décédé le 23 février.

Alexis Patri (avec AFP)

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Hervé Bourges
Hervé Bourges — LAURENT BENHAMOU/SIPA

« France Télévisions  est en deuil aujourd’hui ». C’est par ces mots que  Delphine Ernotte, la patronne du groupe de télévision public, a rendu hommage à Hervé Bourges, décédé dimanche 23 février, à l’âge de 86 ans, dans un hôpital parisien. Cette grande figure des médias avait fondé France Télévisions en 1992, réunissant sous un même toit les anciennes Antenne 2 et FR3, rebaptisées à cette occasion France 2 et France 3.

Un message qui s’ajoute à beaucoup d’autres hommages. TF1 a ainsi loué celui qui présida la chaîne de 1983 à sa privatisation. « Il a contribué à faire de TF1 une grande chaîne populaire », a souligné l’entreprise dans un communiqué. « Hervé Bourges a été, de loin, le plus grand des présidents de chaînes Parfois immodeste mais brillant, exigeant mais bienveillant. » a ajouté le journaliste Bruno Masure, à qui Hervé Bourges avait confié la présentation du 20 heures.

Un dirigeant « exigeant et juste »

« Hervé Bourges était et restera immense », a lancé quant à lui Nagui, l’animateur de France Inter et France 2. L’homme de télévision avait également dirigé la station de radio RFI. De son côté, l’ancien patron de Radio France et de l’Institut national de l’audiovisuel Mathieu Gallet a rendu hommage sur Twitter à un homme « exigeant et juste ».

Hervé Bourges avait également été à la tête du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel de 1995 à 2001. Dans un communiqué, l’institution a souligné qu’il « restera comme un grand humaniste, un spectateur engagé des mouvements du monde et du temps, un serviteur généreux et bienveillant ».

« Homme de convictions »

Outre ses rôles éminents dans les médias, Hervé Bourges fut aussi un militant anticolonialiste du temps de la guerre d’Algérie. Il avait signé en 2012 un dernier documentaire « L’Algérie à l’épreuve du pouvoir », avec le réalisateur Jérôme Sesquin.

Le ministre de la Culture Franck Riester a rendu hommage à un « homme de convictions, dirigeant talentueux doué d’un sens stratégique hors pair. Hervé Bourges a durablement marqué l’audiovisuel français de son audace ».

Amoureux de la francophonie et ambassadeur à l’Unesco

Beaucoup des messages soulignent également l’engagement d’Hervé Bourges en faveur de la francophonie. « Nous qui l’admirions, avons fait appel à lui, pu maintes fois compter sur son inestimable concours, ses avis sur les médias ou sur l’Etat de droit, sommes profondément peinés », a notamment réagi sur Twitter Michaelle Jean, ancienne envoyée spéciale de l’Unesco pour Haïti et ex-secrétaire générale de la Francophonie. « A toi mon vieux frère, je ressens une peine immense pour ton départ », a souligné l’artiste camerounais Manu Dibango.

Né le 2 mai 1933 à Rennes (Ille-et-Vilaine, nord-ouest), Hervé Bourges fut diplômé de l’Ecole supérieure de journalisme de Lille (ESJ) en 1955. Sa vie fut ensuite un long parcours entre médias, politique et même diplomatie. Il fut en effet un temps ambassadeur de France auprès de l’Unesco.