Quotas de chansons francophones à la radio : Un rapport parlementaire propose des aménagements

RADIO Deux députées proposent de créer un régime spécial pour les radios thématiques

20 Minutes avec AFP

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Les radios sont soumises à des quotas de musique francophone depuis 1994.
Les radios sont soumises à des quotas de musique francophone depuis 1994. — GILE MICHEL/SIPA

Très critiqués par les stations de radio musicales, les quotas de musique francophone pourraient être aménagés, selon un rapport parlementaire publié ce mercredi.

Un régime spécial pourrait être créé pour les radios thématiques (rock, électro), qui peinent à remplir leurs quotas francophones, selon les rapporteures de la mission flash de l’Assemblée nationale sur le sujet, Florence Provendier (LREM) et Michèle Victory (PS). Apparaîtrait également un quota de chansons produites sur le territoire européen, « de sorte à promouvoir les titres locaux non francophones ».

Des quotas instaurés en 1994

Les quotas francophones instaurés en 1994 obligent les radios à diffuser aux heures d’écoute significative un minimum de 40 % de chansons d’expression française, dont la moitié au moins provenant de nouveaux talents ou de nouvelles productions.

Le « plafonnement des rotations » instauré en 2016, qui les contraint à diversifier leur liste de titres francophones pour éviter d’entendre toujours les mêmes tubes à l’antenne, resterait cependant en vigueur, malgré les pressions des stations musicales qui lui attribuent en partie la baisse continue de leurs audiences.

Une étude sur les effets des quotas ?

La notion de « nouveau talent » pourrait cependant être élargie à des artistes un peu plus connus, et les rotations pourraient désormais être évaluées sur trois mois au lieu d’un, laissant plus de marges de manœuvre aux radios.

Les députées proposent surtout de confier au Centre national de la musique et au CSA une étude pour préciser les effets de ces quotas, sur la production musicale francophone comme sur les radios. Le rapport incite aussi à la création d’un « espace de discussion » entre les radios et la filière musicale, sous l’égide de ces deux institutions.

La musique perd de la place face aux programmes parlés

Les députées veulent aussi « inciter les radios à une plus forte musicalité », alors qu’elles constatent une « diminution de la part prise par la diffusion de musique au profit des programmes parlés, notamment aux heures de grande écoute ». Elles proposent une « forme de bonus » pour les radios qui s’engageraient à diffuser plus de musique.

Concernant les plateformes de streaming comme Deezer ou Spotify, que les radios voulaient voir soumises aux mêmes règles, les députées misent moins sur la loi que sur une « concertation », avec la signature d’une « Charte de la francophonie et de la diversité musicale ». Le rapport propose également « d’inclure les webradios les plus importantes dans un dispositif de ce type ».