Un conseil de déontologie journalistique sera créé en décembre

JOURNALISME Des organisations syndicales, des représentants des médias et membres du public travaillent à la mise en place de cette instance

20 Minutes avec AFP

— 

Un « conseil de Lien : déontologie journalistique et de médiation » va être créé en décembre.
Un « conseil de Lien : déontologie journalistique et de médiation » va être créé en décembre. — Witt/SIPA

Des représentants de la presse française, journalistes et citoyens vont fonder le 2 décembre à Paris le « conseil de déontologie journalistique et de médiation » (CDJM), une instance qui fait débat depuis des années et qui vise notamment à répondre à l'énorme défiance envers les médias.

La date de l'« assemblée générale fondatrice » de ce nouvel organisme a été annoncée par l'Observatoire de la déontologie de l'information, une association qui travaille depuis plusieurs mois à la mise en place de cette instance avec des organisations syndicales, représentants des médias et membres du public.

Reflexion sur les fake news et pédagogie

Il s’agira, a assuré l’ODI, d’un « organe professionnel d’autorégulation, indépendant de l’Etat », qui servira en particulier d'« instance de médiation et d’arbitrage entre les médias, les rédactions et leurs publics », et constituera en outre un espace « de réflexion et de concertation pour les professionnels et de pédagogie envers les publics », par exemple en matière de lutte contre les «fake news ».

En revanche, il ne s’agira pas d’un « ordre des journalistes, un tribunal de la pensée ou une instance de censure », ni d'« une instance étatique ou administrative », promettent les partisans de ce conseil, parmi lesquels figurent la CFDT-journalistes et le SNJ, des collectifs comme « Informer n’est pas un délit », « Profession : Pigiste » ou la Fédération française des agences de presse (dont est membre l’Agence France-Presse).

Un organe émetteur d’avis mais pas de sanctions

Le CDJM pourra ainsi être saisi par le public ou s’autosaisir de cas problématiques mais ne pourra pas prononcer de sanction et se contentera d’émettre des avis.

Dans un communiqué, le chef de file de La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon, qui avait lui même défendu la création d’un tel conseil, a salué cette initiative, y voyant potentiellement « une belle avancée vers un droit de recours citoyen face aux médias ». Mais il aussi appelé à ce que le conseil obtienne « un pouvoir de sanction symbolique réel et reconnu », ce qui nécessiterait « l’appui du gouvernement et du législateur ».

Serpent de mer et longtemps épouvantail du paysage médiatique français, la création d’une telle instance avait été proposée à plusieurs reprises mais enterrée en raison de fortes dissensions dans la profession, certains y voyant une tentative de mettre au pas la presse.

Déjà des conseils similaires dans plusieurs pays européens

Mais alors que le mouvement des « gilets jaunes » a porté la défiance du public envers les médias à de nouveaux sommets, un rapport commandé par le ministère de la Culture à Emmanuel Hoog, ex-PDG de l’Ina (Institut national de l’audiovisuel) et de l’AFP, a relancé cette année l’idée d’un tel conseil, comme il en existe déjà dans la grande majorité des pays européens.

En juin, des déclarations du secrétaire d’Etat au numérique Cédric O en faveur d’un « Conseil de l’ordre des journalistes » avaient cependant déclenché un tollé dans la profession. Mais il avait ensuite affirmé avoir eu des « paroles malheureuses » et reconnu que l’Etat n’avait pas à se mêler de déontologie journalistique.