137 féminicides au moins ont eu lieu en 2019.
137 féminicides au moins ont eu lieu en 2019. — ZAKARIA ABDELKAFI / AFP

VIOLENCES SEXISTES

Violences sexistes : Comment en parler de la manière la plus juste possible dans les médias

L'association de femmes journalistes Prenons la Une publie une nouvelle version de ses outils destinés aux médias

Bannir les expressions « crime passionnel » et « drame familial », éviter les leçons du genre « ne sortez pas le soir », protéger l’identité des victimes… Voilà quelques recommandations de l’association Prenons la Une pour un « traitement journalistique le plus juste possible » des violences faites aux femmes.

A l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, lundi 25 novembre, et juste avant la manifestation NousToutes du samedi 23, cette association de femmes journalistes met à jour ses outils à destination des médias.

Fait de société

L’association part du constat que les violences faites aux femmes sont un « fait de société », et méritent d’être traitées comme tel. « Chaque année, plus de 219.000 femmes sont victimes de violences de la part de leur ancien ou actuel conjoint, et 94.000 femmes sont victimes de viols ou tentatives de viols », écrit Prenons la Une, sur la base de l’Enquête « Cadre de vie et sécurité » 2012-2018 réalisée par l’Insee.

Ces conseils portent en grande partie sur le vocabulaire : les journalistes de Prenons la Une préfèrent le terme de « meurtre conjugal » à « crime passionnel », estimant que ce dernier « minimis [e] l’acte de l’agresseur ». L’association aborde aussi les termes à utiliser pour désigner une victime, pour parler des déclarations d’une victime sans la faire passer pour coupable, ou encore insiste sur la différence entre « harcèlement sexuel », « agression sexuelle » et « viol ».

3919, numéro d’écoute des femmes victimes de violences

Mais ces outils portent également sur le contenu des articles : Prenons la Une recommande ainsi d'« éviter les précisions sur les vêtements, le physique ou les habitudes de vie de la victime, qui induisent qu’elle peut être responsable de son agression » et de « ne pas donner des conseils ou des leçons » pouvant également induire une responsabilité des victimes.

Enfin, l’association rappelle le numéro de téléphone national pour l’écoute et l’orientation des femmes victimes de violences, il s’agit du 3919.