Le SNJ porte plainte après la tentative de suicide d’une journaliste de France 3 à Grenoble

HARCELEMENT La journaliste travaillait depuis dix-sept ans à France 3 Alpes, où elle se disait harcelée

20 Minutes avec AFP

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La journaliste qui a tenté de mettre fin à ses jours était employée par France Télévisions depuis dix-sept ans.
La journaliste qui a tenté de mettre fin à ses jours était employée par France Télévisions depuis dix-sept ans. — LUDOVIC MARIN/AFP

Le Syndicat national des journalistes (SNJ) a porté plainte contre X mardi après la tentative de suicide d’une journaliste de France 3 Alpes en avril dernier à Grenoble, où elle travaillait et se disait harcelée.

Dans cette plainte consultée par l’AFP, le syndicat estime que « la responsabilité pénale de la société peut être recherchée » après le geste de cette salariée qui se plaignait depuis plusieurs mois du « comportement inapproprié » d’un collaborateur. Le SNJ a déposé plainte pour « mise en danger de la vie d’autrui », « homicide involontaire », « non-assistance à personne en danger » et « harcèlement moral ».

« Absence de protection »

Employée par France Télévisions depuis dix-sept ans, la journaliste a tenté de mettre fin à ses jours le 8 avril à Grenoble sur le parking de son lieu de travail, « par ingestion de médicaments ». La victime, qui disposait d’un mandat au Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), avait dénoncé à plusieurs reprises l’attitude de son collègue, après des plaintes d’autres salariés, et avait enjoint la direction à le « recadrer ».

Depuis, elle subissait « à son tour les agissements de ce journaliste lequel, par son attitude, altérait sa santé psychologique et mentale et en faisait part à sa hiérarchie ». Dans un communiqué, le SNJ souligne « l’absence de protection que lui devait la direction » et déplore que la seule réponse à ses cris d’alerte ait été une « simple proposition de médiation, jugée non pertinente par l’inspecteur du travail ». Le 11 juillet, la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) a reconnu « le caractère professionnel de l’accident ».

Contexte d’insécurité professionnelle

Dans son rapport d’expertise, le cabinet Cedaet, mandaté trois jours après le drame, a établi « l’inadéquation des réponses apportées par la direction » dans un contexte d'« insécurité professionnelle » liée aux contraintes budgétaires. « Ce rapport analyse très bien le mode de management, qui repose sur l’isolement des salariés », souligne Raoul Advocat, secrétaire général du SNJ chez France Télévisions.

« Ce qui est assez aggravant dans ce dossier, c’est que les alertes proviennent de sources multiples, avec des injonctions fortes, et sont antérieures au passage à l’acte. Outre celle de l’auteur, il convient donc de poser la question de la responsabilité de la chaîne », explique Me Pierre Janot, l’avocat du SNJ. Sollicitée ce mardi par l’AFP, la direction régionale de France 3 Auvergne-Rhône-Alpes n’a pas souhaité réagir.