Démission de l'ambassadeur britannique: Scotland Yard demande aux journalistes de rendre les documents confidentiels

LIBERTE DE LA PRESSE Les journalistes britanniques s'indignent après des menaces de Scotland Yard sur la publication de documents confidentiels

M.G. avec AFP

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Neil Basu, le chef de Scotland Yard, menace de poursuivre des journalistes britanniques
Neil Basu, le chef de Scotland Yard, menace de poursuivre des journalistes britanniques — Scott Garfitt/REX/Shutterstock/
  • Des mémos de l'ambassadeur britannique sur Donald Trump ont fuité. Ces notes qualifiaient le locataire de la Maison Blanche d'« instable » et d'« incompétent ».
  • Après la démission de l'ambassadeur britannique à Washington, Scotland Yard menace les journalistes et leur demande de rendre les documents confidentiels.
  • Outre-Manche, les hommes politiques et les journalistes s'insurgent, craignant pour la liberté de la presse. 

La liberté de la presse menacée en Grande-Bretagne ? Journalistes et responsables politiques s’en inquiètent ce samedi et se révoltent. Vendredi, la police leur a lancé un avertissement, les accusant de semer le trouble en publier des documents confidentiels.

Le chef adjoint de Scotland Yard, Neil Basu, a ainsi demandé aux « rédacteurs en chef ou éditeurs de médias traditionnels ou sociaux », en clair, quiconque serait en possession de documents gouvernementaux ayant fuité, de ne pas les publier et de les remettre aux autorités.

Fuites dans la presse de notes peu flatteuses à l’égard de Trump

« La publication de communications ayant fuité, sachant les dégâts qu’elles ont causés ou sont susceptibles de causer, peut constituer un délit pénal », a déclaré Neil Basu dans un communiqué. Ce texte annonçait par ailleurs l’ouverture d’une enquête criminelle sur les fuites dans la presse de câbles diplomatiques peu flatteurs à l'égard du président américain Donald Trump, une affaire qui a provoqué la démission de l'ambassadeur britannique à Washington.

Cette déclaration est « très idiote et peu judicieuse », a réagi l’ancien ministre des Finances, le Conservateur George Osborne, aujourd’hui rédacteur en chef du quotidien Evening Standard, laissant entendre qu’elle aurait été écrite par une personne peu expérimentée.

Politiciens et journalistes s’insurgent

« Si j’étais le commissaire de la police métropolitaine (de Londres) et que je voulais conserver ma crédibilité et celle de mes troupes, je prendrais vite mes distances de cette déclaration très idiote et peu judicieuse d’un officier subalterne qui ne semble pas très bien comprendre la liberté de la presse », a tweeté George Osborne.

Interrogé par le quotidien conservateur The Telegraph, Bob Seely, député conservateur siégeant au comité des affaires étrangères de la Chambre des communes, a invité la police à « revoir sa position » redoutant que cela crée « un précédent très dangereux ».

Cité par le même journal, l’ancien ministre de la Culture John Whittingdale s’est aussi opposé à la poursuite de journalistes, estimant qu’ils « sont là pour rapporter des histoires, qu’elles soient ou non gênantes pour les personnes qui y sont mentionnées ».

Le débat s'invite dans la campagne électorale

Lors d'un meeting ce samedi, devant les militants conservateurs à Wyboston, dans le sud-est de l'Angleterre, le favori pour remplacer Theresa May à Downing Street, Boris Johnson, a jugé "pas concevable que des journaux ou tout autre média publiant de tels documents fassent l'objet de poursuites".

M. Johnson, lui même ancien journaliste, a déclaré que la publication de ces documents ne constituait pas à ses yeux une "menace pour la sécurité nationale" et que poursuivre des journalistes sur cette base constituerait une "atteinte à la liberté de la presse".

Son rival, Jeremy Hunt, a déclaré sur Twitter que le responsable des fuites "DOIT répondre de ses actes" mais a défendu fermement le droit de la presse de les publier.