Le quotidien L'Humanité, en redressement judiciaire, va supprimer 41 postes

MEDIAS Soit plus du quart de ses effectifs

20 Minutes avec AFP

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Le siège du journal «l'Humanité» à Saint-Denis en Seine Saint-Denis.
Le siège du journal «l'Humanité» à Saint-Denis en Seine Saint-Denis. — SIMON ISABELLE/SIPA

Le quotidien L’Humanité, placé en redressement judiciaire début février, prévoit de supprimer 41 postes, soit plus du quart de ses effectifs, pour réduire sa masse salariale, via un plan de sauvegarde de l’emploi accepté à l’unanimité par les organisations syndicales, a annoncé dimanche le Syndicat national des journalistes (SNJ).

Journal fondé il y a 115 ans

« Après un mois et demi de négociations entre la direction, les administrateurs judiciaires et leurs représentants syndicaux, les salariés de L’Humanité s’apprêtent à payer le prix fort pour participer à l’effort collectif et assurer l’avenir du journal fondé il y a 115 ans par Jean Jaurès : dans les prochaines semaines, 41 postes (sur un total de 157, hors pigistes) vont être supprimés, dont ceux de 28 journalistes et de 13 cadres ou employés », a précisé la section SNJ du quotidien dans un communiqué.

« En signant, aux côtés des autres organisations syndicales, l’accord social unanime sur le "plan de sauvegarde de l’emploi" (PSE), la section syndicale SNJ de L’Humanité a pris ses responsabilités, en veillant à limiter le plus possible la casse pour les salariés », ajoute le syndicat.

Une souscription publique lancée

Selon le SNJ, ce PSE va permettre de réduire de 2,3 millions d’euros par an la masse salariale du journal. « Les personnels mettent concrètement le journal sous leur protection, et assument toute leur part de l’effort de redressement », fait-il valoir, et ce, en complément de la souscription publique lancée pour aider à renflouer L'Humanité​, grâce à laquelle « 2,4 millions d’euros ont été recueillis depuis le début de l’année ».

Cependant, cet accord unanime « n’a rien d’un chèque en blanc pour la suite », ajoute le SNJ, qui réclame notamment à la direction « un changement radical » en associant les personnels aux prises de décisions, demande aux administrateurs judiciaires de « tenir leurs promesses » en renégociant les dettes de l’entreprise avec ses créanciers et appelle l’Etat à « assurer la survie de titres indépendants des puissances financières ».

Des difficultés régulières

Le journal L’Humanité, qui s’est déclaré en cessation de paiements en janvier, a été placé début février en redressement judiciaire avec poursuite d’activité. Cette procédure assortie d’une période d’observation de six mois doit lui permettre de mettre en place un plan de retour à l’équilibre tout en poursuivant sa parution. Ce PSE s’inscrit dans ces efforts visant à redresser financièrement la barre.

Fondé en 1904 par Jean Jaurès, figure tutélaire du socialisme en France, L’Humanité, qui fut des années 1920 jusqu’en 1994 l'« organe central » du Parti communiste français, a régulièrement fait face ces dernières années à des difficultés financières qui l’ont obligé à lancer plusieurs appels aux dons.