Alerte à la canicule: Comment choisit-on les couleurs des cartes météo, de rouge à brun foncé?

HOT Du rouge écarlate au marron foncé, les couleurs qui illustrent les cartes de la canicule donnent de sacrés coups de chaud et de stress

Clio Weickert

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Un monsieur qui a très très chaud.
Un monsieur qui a très très chaud. — Daina Le Lardic / Isopix//ISOPIX_24101989-011/Credit:SIPA/1808031750
  • Une canicule va s’abattre sur une grande partie de la France cette semaine, avec des températures atteignant par endroits plus de 40 degrés.
  • Sur les cartes météo, ces fortes chaleurs sont symbolisées par du rouge écarlate, voire du marron foncé.
  • 20 Minutes a cherché à savoir comment sont choisies ces couleurs.

La canicule vient à peine de pointer le bout de son nez, qu’on en sue déjà à grosses gouttes. Depuis la fin de la semaine dernière, les prévisions météo alarmantes s’enchaînent, et les cartes de l’Hexagone aux couleurs criardes se multiplient. Et avant même que le mercure grimpe, le rouge écarlate (voire le marron carbonisé), utilisé sur les cartes pour illustrer les chaleurs intenses à venir, suffit à nous faire suffoquer et transpirer à flots.

Mais comment sont choisies les couleurs des cartes météo et des alertes ? Le rouge qui dominera l’ensemble du pays en milieu de semaine, signifie-t-il pour autant que la canicule nous mènera jusqu’aux portes de l’enfer ?

Températures prévues et vigilances météo

Si les couleurs employées ces jours-ci peuvent être assez spectaculaires, il faut distinguer les différents degrés d’informations donnés par ces cartes. Météo-France transmet deux niveaux d’infos : la vigilance météo d’un côté, et les prévisions de températures de l’autre, avec les températures maximales attendues pour les prochains jours.

Dans le cas des températures prévues, d’un point de vue graphique, « il n’y a pas de formalisme particulier », précise Pascal Brovelli, directeur adjoint de la prévision chez Météo France. Des couleurs chaudes, telles que l’orange ou le rouge, sont toutefois privilégiées pour représenter des températures élevées.

Des couleurs à ne pas confondre avec les quatre niveaux d’alertes de la vigilance météorologique (vert, jaune, orange et rouge), « un produit institutionnel aux critères bien établis » qui a été mis en place après la canicule de 2003, afin « d’attirer l’attention de tous sur les dangers potentiels d’une situation météorologique et à faire connaître les précautions pour se protéger ». Actuellement, une grande partie du pays est classée en vigilance orange, en raison de l’épisode caniculaire.

Des températures ressenties

Ces derniers jours, d’autres couleurs ont toutefois fait leur apparition sur les cartes. BFMTV a notamment présenté une carte de la France divisée en différentes zones, allant du rouge écarlate au marron foncé, qui estiment les températures « ressenties ». Des graphiques un poil plus spectaculaires que les cartes de prévisions de Météo-France, on y évoque notamment des 48 dans le nord de la France…

Mais d’où sortent ces températures ? Elles prennent en compte l’indice « humidex », développé à l’origine par le Canada pour estimer le froid lié au vent en périodes froides. Un critère que ne prend pas en compte Météo-France, qui fournit seulement à la chaîne d’info les prévisions de températures, et le taux d’humidité. « On ne met pas de degré centigrade mais l’unité, parce qu’il s’agit d’une estimation, précise Guillaume Séchet, météorologiste, présentateur météo à BFMTV, et créateur du site meteo-paris.com, mais ça représente bien ce qu’on ressent. »

« Un phénomène unique »

Car à situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle. « Jusqu’alors on n’en parlait pas, explique Guillaume Séchet. C’est une culture qui vient des Etats-Unis, parce que quand il y a des vagues de chaleur là-bas, elles sont souvent accompagnées d’humidité. Il s’agit de chaleurs tropicales. Ça a vraiment une conséquence énorme parce que ça accentue l’impression de chaleur étouffante. Et contrairement à la sécheresse de 2003, cette année en France les sols sont plus humides, au moins sur une grande moitié nord de la France, du coup il va y avoir un peu d’humidité dans l’air. »

Et pourquoi l’utilisation du marron foncé ? « C’est assez subjectif, reconnaît le météorologiste. Comme nous avions mis du rouge pour la température sous abri, nous voulions garder le même code couleur entre la température prévue au thermomètre et celle ressentie. On conserve la même référence, pour voir qu’on est au dessus. » S’il n’y a aucun doute sur les pics de chaleur, et les risques liés à la canicule, le choix de ces couleurs, rouge sang, marron quasi carbonisé, n’est-il pas un peu exagéré ? « On en fait sans doute un peu trop mais il s’agit d’une vague de chaleur majeure, au-dessus de celles qu’on a pu connaître. C’est un phénomène unique », estime-t-il. En d’autres termes, « un bon croquis vaut mieux qu’un long discours ». Bonne semaine en enfer donc, et n’oubliez pas les gestes à adopter en cas de canicule.