Investigation: Treize journalistes qui enquêtaient sur l'environnement ont été tués en dix ans

DANGERS Parmi ces victimes, trois ont été tuées en Inde et trois aux Philippines

20 Minutes avec agence

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Illustration d'une femme journaliste.
Illustration d'une femme journaliste. — Pixabay

En dix ans, au moins treize journalistes enquêtant sur des sujets liés à l’environnement ont été tués. Ce secteur d’investigation est ainsi devenu l’un des plus dangereux après les reportages en zone de guerre, selon un rapport publié ce lundi par le Committee to Protect Journalists (CPJ).

Outre ces 13 assassinats, seize autres journalistes font actuellement l’objet d’une enquête. D’autres reporters s’intéressant à l’impact humain sur le climat sont la cible d’intimidation, de harcèlement ou encore de violences, rapporte l’étude du CPJ relayée par The Guardian.

Inde et Philippines « en tête »

Le rapport montre bien que les spécialistes des sujets environnement ne sont à l’abri nulle part. Les treize victimes ont en effet été recensées au Panama, en Colombie, en Russie, au Cambodge, en Birmanie, en Thaïlande, en Indonésie, en Inde et aux Philippines.

Ces deux derniers pays ont été le théâtre de trois décès chacun. Les journalistes indiens tués enquêtaient sur des activités minières illégales, des confiscations de terres, de la corruption et l’accès à l’eau et à la nourriture. Aux Philippines, les reporters couvraient des scandales liés à la déforestation, aux mines et à des projets électriques.

« Je ne vois pas pourquoi ça s’améliorerait »

« Les sujets environnementaux mettent au jour certains des plus importants abus de pouvoir au monde et […] certaines des plus fortes concentrations de pouvoir », analyse Bruce Shapiro, responsable d’un think tank sur le journalisme. « Difficile d’imaginer une catégorie de journalistes d’investigation devant faire face à des acteurs plus dangereux. »

Quant à Joel Simon, dirigeant du CPJ, il rappelle que le phénomène s’est amplifié avec l’accélération des changements climatiques. « Je ne vois pas pourquoi ça s’améliorerait, déplore-t-il, pessimiste. Voilà pourquoi c’est si important de travailler sur les sujets environnementaux malgré le risque. »