«QG, le média libre»: Aude Lancelin lance sa webTV militante après avoir quitté Le Média

MEDIAS La journaliste, qui a quitté avec fracas la direction du « Média » en avril lance ce mardi « QG, le média libre » sur YouTube et Facebook

20 Minutes avec AFP

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Aude Lancelin, en 2016.
Aude Lancelin, en 2016. — ERIC DESSONS/JDD/SIPA

De dissensions en scissions. Ce mardi soir, Aude Lancelin lance sa nouvelle webTV militante : QG, le média libre. Une plateforme qui doit concurrencer le Média, la webTV dont la journaliste vient de quitter la direction.

QG, le média libre se donne pour mission d'« inspirer et accompagner le combat de ceux qui, depuis les lanceurs d’alerte jusqu’aux " gilets jaunes", aux militants pour le climat ou en faveur des droits fondamentaux, se retrouvent sans leviers face à des gouvernements occidentaux toujours plus répressifs, ou ne trouvent plus de relais suffisamment clairs et indépendants dans les médias traditionnels », selon Aude Lancelin.

Des émissions de débat, des reportages, et des entretiens « avec des personnalités tenues en lisière des plateaux de télévision habituels » sont annoncés au programme de ce QG qui sera visible sur YouTube et Facebook.

Appel aux dons pour le financement

La rédaction démarre avec un « petit noyau » de cinq personnes mais « vise à s’étoffer dès l’automne », selon sa créatrice. QG compte se financer via un appel aux dons, avant de devenir « un site audiovisuel en accès semi-payant ».

Ce projet est très similaire à celui du Média, la webTV fondée par des proches de la France Insoumise en 2017 et financée par des levées de fonds auprès des « socios » Aude Lancelin en avait quitté la direction avec fracas début avril. Elle avait dénoncé un « putsch » à la tête de cette webTV, tandis que la rédaction assurait vouloir régler des problèmes de management en lui enlevant la présidence du Média, dont elle assurait aussi la direction de la rédaction.

« Faute lourde »

Le Média, dont elle est restée salariée, a indiqué lui avoir transmis lundi, après une tentative de conciliation, une lettre de licenciement pour « faute lourde », que l’AFP a pu consulter.

Le site reproche notamment à Aude Lancelin d’avoir « diffusé des informations erronées » sur son employeur et d’avoir adopté « une stratégie mise en place depuis plusieurs mois dans le but de couler définitivement Le Média ».

Virginie Cresci, ex-rédactrice en chef du Média, est aussi convoquée pour un entretien préalable à un licenciement.

Des départs qui font écho à de nombreux autres depuis le lancement de la WebTV militante, assortis de mise en cause sur les réseaux sociaux.

La rédaction du Média, qui compte une trentaine de collaborateurs, est dirigée depuis par le journaliste d’investigation Denis Robert. L’association, qui devrait adopter un statut coopératif à la rentrée, est désormais dirigée par l’historien Julien Théry et a séduit environ 17.000 souscripteurs depuis son lancement début 2018.