Une bonnette de micro aux couleurs du logo de BFM TV.
Une bonnette de micro aux couleurs du logo de BFM TV. — ALLILI MOURAD/SIPA

MÉDIAS

Marseille : BFMTV assigne en justice un afficheur varois accusé de dénigrer sa marque

L’afficheur Michel-Ange Flori utilise deux panneaux pour commenter régulièrement l’actualité, souvent de manière polémique

Un afficheur varois a comparu devant le tribunal de grande instance jeudi à Marseille, assigné par BFMTV pour avoir dénigré la chaîne sur des affiches publicitaires en utilisant son logo.

«La police vous parle tous les jours sur BFMTV»: cette phrase, accompagnée d'un dessin de policier casqué, s'étalait sur une affiche frappée du logo de BFMTV, en 4 mètres par 3 sur un panneau publicitaire à Toulon début mai.

Propriétaire de 400 panneaux situés entra Bandol et Hyères (Var), l'afficheur Michel-Ange Flori s'en réserve deux pour commenter régulièrement l'actualité et souvent de manière polémique, depuis près de dix ans.

«Risque de confusion»

Devant le tribunal des référés de Marseille jeudi matin, le conseil de BFMTV, Me Claire Litaudon, a dénoncé un «risque de confusion» pour le public, «qui aurait pu penser qu'il s'agissait d'une publicité de la chaîne». Elle a également pointé «le préjudice porté au titulaire de la marque par une phrase qui laisse penser que la chaîne est dénuée de toute indépendance, à la botte des services de police».

Michel-Ange Flori, qui était présent à l'audience, a estimé auprès de l'AFP que ce procès constituait «une atteinte à [sa] liberté». «Il ne peut pas y avoir atteinte à la marque en ce sens que je ne suis pas un concurrent de BFM», a-t-il ajouté.

Décision attendue début juin

BFMTV a demandé le retrait immédiat des affiches, ce qui a été fait «avant même que l'assignation au tribunal ne soit délivrée», a remarqué devant le tribunal son avocat Me Clément.

Ce dernier a jugé «extravagantes» les exigences de BFMTV, qui demande au tribunal de prononcer une interdiction d'utilisation de sa marque à Michel-Ange Flori avec une astreinte de 50.000 euros par infraction constatée, et 150.000 euros à titre de provision de dommages-intérêts. Le tribunal rendra sa décision le 5 juin.