La création d'un conseil de la presse est «souhaitable» et «possible», selon un rapport

AUTOREGULATION Cette instance associerait des représentants des journalistes, des éditeurs de presse et de la société civile

20 Minutes avec AFP

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Le journal de gauche la Marseillaise sur les rotatives le 17 novembre 2014
Le journal de gauche la Marseillaise sur les rotatives le 17 novembre 2014 — Boris Horvat AFP

La création d’une instance d’autorégulation chargée de veiller à la déontologie de l’information, en débat depuis des années en France, est « souhaitable » et « possible ». Chargé l’an dernier d’une mission par le gouvernement, l’ancien PDG de l’AFP Emmanuel Hoog a remis ce mardi son rapport au ministre de la Culture Franck Riester.

Dans ce dernier, Emmanuel Hoog souligne que cette instance associerait des représentants des journalistes, des éditeurs de presse et de la société civile. Elle n’aurait pas de pouvoir de sanction, mais proposerait des missions de médiation, de recommandations, de partage de bonnes pratiques et d’éducation aux médias.

Depuis un précédent rapport, remis en 2014 et qui n’avait pas abouti, « la crise de confiance à l’égard des médias n’a fait que s’aggraver », plaide encore Emmanuel Hoog, citant notamment les violences à l’encontre de journalistes lors des manifestations de « gilets jaunes ». Selon lui, la multiplication des infox (ou fake news) sur Internet et les réseaux sociaux vont en faveur de la création de cette instance.

La crainte notamment d’une « mise sous tutelle », voire d’une « censure »

La question de la création de ce conseil de la presse fait débat depuis des années. Une partie du paysage médiatique y est fortement opposée, par crainte notamment d’une « mise sous tutelle », voire d’une « censure ». Mais « les exemples à l’étranger montrent bien qu’on ne voit pas en quoi ce serait attentatoire aux libertés, sauf à estimer que les journalistes suédois et allemands sont moins libres que les journalistes français », assure Emmanuel Hoog, qui juge « la période propice » pour lancer une telle instance.

A noter que c’est aux médias volontaires qu’il reviendrait de se charger du lancement, et non aux pouvoirs publics. Lors des Assises du journalisme, organisées ce mois-ci à Tours, le ministre de la Culture Franck Riester avait souligné qu’un organisme de ce genre ne pouvait « fonctionner que si la profession elle-même s’en saisissait ». Le ministre avait indiqué que le gouvernement verrait de quelle manière il pourrait « éventuellement » accompagner les médias qui souhaiteraient se lancer dans cette « aventure ».