«Ligue du LOL»: Une enquête montre l’ampleur du sexisme et des violences sexuelles dans les médias

SEXISME 67 % des femmes journalistes ayant répondu à cette enquête affirment avoir été victimes de propos sexistes, 13 % affirment avoir été victimes d’agressions sexuelles

A.D.

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Combattre le sexisme ordinaire, c'est promouvoir l'égalité hommes-femmes.
Combattre le sexisme ordinaire, c'est promouvoir l'égalité hommes-femmes. — 200degrees/Pixabay

Une enquête glaçante. Après le scandale de la Ligue du LOL, trois associations (Prenons la une, Nous toutes et Paye ton journal) ont mené une grande enquête, avec un appel à témoignages lancé sur les réseaux sociaux #EntenduALaRédac sur le sexisme et les violences sexuelles dans le milieu de la presse.

En dix jours, plus de 1.560 journalistes et 270 étudiants en école de journalisme ont répondu à un questionnaire en ligne pour dénoncer les faits dont ils ou elles ont été victimes, ou témoins. Les résultats sont accablants : 67 % des femmes ayant répondu à cette enquête affirment avoir été victimes de propos sexistes, 49 % de propos à connotation sexuelle – tels que « je vais programmer ton papier demain à 7 heures, comme ça…, je pourrai me pignoler dans mon lit en t’écoutant ».

« Lorsque les victimes osent en parler, dans 66 % des cas il ne se passe rien »

13 % des femmes ayant répondu à cette enquête affirment avoir été victimes d’agressions sexuelles. « Lorsque les victimes osent en parler, dans 66 % des cas il ne se passe rien (…) Nous allons interpeller les rédactions, elles ont l’obligation légale de protéger leurs salariées », explique Agathe Ranc, journaliste de L’Obs et membre du conseil d’administration de Prenons la une au micro de France Inter ce mercredi matin.

Presse écrite, pure players, radio et télévision, le phénomène touche toute la profession puisque 270 rédactions sont citées, et parmi elles 208 rédactions, dont hélas celle de 20 Minutes, sont pointées pour des témoignages de propos à connotation sexuelle et/ou d’agression sexuelle. Les violences sont plus fréquentes à la télévision que dans les autres médias. Deux cas de viol ont également été rapportés.

Les femmes noires ou issues de l’immigration sont davantage exposées. Elles sont 64 % à déclarer avoir subi des propos à connotation sexuelle contre 49 % des femmes ayant répondu. Les pigistes sont également particulièrement vulnérables. Les écoles de journalisme ne sont pas non plus épargnées, 62 % des étudiantes ayant répondu à l’enquête ont été témoins de propos sexistes dans leur école et 28 % évoquent des faits de harcèlement sexuel.