«Ligue du LOL»: Le journal «Libération» se sépare de deux journalistes

MEDIAS Libé a annoncé ce lundi le licenciement d’Alexandre Hervaud, rédacteur en chef adjoint du Web, et de Vincent Glad, pour « atteinte à l’image du journal »

20 Minutes avec AFP

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Illustration de «Libération».
Illustration de «Libération». — MICHEL EULER/AP/SIPA

Les conséquences de l’affaire de la «Ligue du LOL» ne se sont pas fait attendre. Libération a annoncé ce lundi le licenciement d'Alexandre Hervaud, rédacteur en chef adjoint du Web, pour « atteinte à l’image du journal », a appris l’AFP de source proche de la direction. Par ailleurs, le journal a également annoncé dans un communiqué adressé aux médias se séparer d’un second collaborateur. Il s’agirait a priori de Vincent Glad, puisque le média précise qu’il s’agit du « fondateur » de la ligue.

« A la suite des révélations – dans Libération notamment – des agissements du groupe connu sous le nom de “Ligue du LOL”, la direction du journal, après une enquête interne approfondie, a décidé de se séparer des deux journalistes de la rédaction qui faisaient partie de cette ligue, l’un comme fondateur, l’autre comme membre actif », est-il écrit. Selon le communiqué, « les faits » de ces deux journalistes, « se situent à l’exact opposé des valeurs que le journal défend depuis sa fondation, créant un trouble grave et caractérisé pour Libération ».

Suspendus à titre provisoire puis licenciés

C’est le troisième licenciement annoncé dans cette affaire après ceux du rédacteur en chef web des Inrocks David Doucet et de son adjoint François-Luc Doyez la semaine dernière. Plusieurs membres de la « Ligue du LOL », un groupe de journalistes et de communicants actif dans les années 2010 et dont l’existence a été révélée le mois dernier, ont été accusés de cyberharcèlement, notamment à l’encontre de journalistes femmes ou militantes féministes. Certains d’entre eux ont aussi été accusés d’avoir tenu des propos sexistes, racistes ou antisémites.

Des membres de ce groupe avaient alors publié des communiqués sur les réseaux sociaux pour s’excuser, y compris Alexandre Hervaud et Vincent Glad, créateur du groupe et pigiste à Libération.

Ces deux journalistes, ainsi qu’une dizaine d’autres (communicants, agents de la mairie de Paris, journalistes), avaient été suspendus à titre conservatoire.

Pas de rebond sur le front judiciaire

Le gouvernement avait quant à lui rappelé qu’une loi condamnait désormais le cyberharcèlement et évoqué la possibilité d’étudier l’allongement des délais de prescription. L’affaire, qui a en outre déclenché des dénonciations en chaîne d’un sexisme encore souvent bien ancré dans les rédactions, n’a toutefois pas rebondi pour l’instant sur le front judiciaire.

Sur Twitter, Alexandre Hervaud a publié lundi matin une photo de l’animateur Michel Drucker en larmes (une image datant de l'hommage de l'animateur​ après la mort de Johnny Hallyday), accompagné du commentaire « mood » (humeur).