«Ligue du LOL»: Plusieurs journalistes ont été mis à pied par «Libération» et «Les Inrockuptibles»

CYBER-HARCÈLEMENT Alexandre Hervaud, Vincent Glad ou encore David Doucet sont accusés de cyberharcèlement par plusieurs femmes pour des faits remontant à la fin des années 2000. Des enquêtes internes sont menées par la direction des journaux employant ces journalistes

Emma Ferrand

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L'entrée du siège du journal Libération à Paris 20 février 2014
L'entrée du siège du journal Libération à Paris 20 février 2014 — Kenzo Tribouillard AFP

La polémique autour de la «Ligue du LOL» grimpe, et les premières conséquences apparaissent. Alexandre Hervaud, chef de service web de Libération, et Vincent Glad ont été mis à pied ce matin « à titre conservatoire » par sa direction, selon France Inter.

Cette décision a été prise dans le cadre de l’enquête interne toujours activement menée au sein du journal. Libération a toutefois indiqué que ces mises à pied ne sont « pas des sanctions ». La mise à pied « à titre conservatoire » dont les journalistes font l’objet conduit à la suspension d’un contrat de travail et du salaire.

Le magazine Brain a de son côté annoncé suspendre sa collaboration avec Vincent Glad, qui gérait jusque-là la « page Président » du site. Deux autres membres de la « Ligue du LOL » ont perdu, lundi, un poste. Stephen Des Aulnois a annoncé qu’il se « retire du poste de rédacteur en chef du Tag Parfait », site sur la culture porno. Et le studio de podcast Nouvelle écoutes a mis fin à sa collaboration avec Guilhem Malissen.

Selon un journaliste de Libération, le rédacteur en chef web des Inrockuptibles, David Doucet, a également été mis à pied à titre conservatoire, et une procédure de licenciement pour faute grave aurait été engagée.

Des menaces et moqueries sur Facebook

Tous ont été mis en cause dans l’affaire de la « Ligue du LOL », un groupe Facebook privé créé en 2008 par le journaliste Vincent Glad et géré par des journalistes, graphistes, informaticiens et publicitaires parisiens. L’article publié par l’équipe Checknews de Libération, raconte comment des dizaines de femmes, et hommes, ont été victimes de cyber-harcèlement par les membres de ce groupe. Depuis vendredi, plusieurs témoignages de victimes ont été publiés sur les réseaux sociaux à la suite de l’article.