«Daily Mail»: Le tabloïd britannique contraint de corriger un reportage sur Saint-Denis

RECTIFICATIFS Dans un article paru en juillet 2018, le « Daily Mail » décrivait Saint-Denis comme « un État dans l’État, avec ses propres règles et ses tribunaux religieux »

20 Minutes avec agences

— 

Une vue de la Seine-Saint-Denis avec le Stade de France. (Illustration)
Une vue de la Seine-Saint-Denis avec le Stade de France. (Illustration) — DURAND FLORENCE/SIPA

Un « État parallèle où l’allégeance à l’Islam passe avant la fidélité à la France ». Voilà comment le Daily Mail présentait Saint-Denis dans un article. Ce mercredi, le  tabloïd britannique a été contraint de publier un encart intitulé « clarifications et correctifs », rectifiant plusieurs affirmations contenues dans ce reportage sur la ville de la banlieue parisienne.

Paru le 28 juillet 2018, cet article de 2.000 mots était intitulé « Powder Keg Paris » (La poudrière de Paris) et avait été rédigé par Andrew Malone. Le texte décrivait la sous-préfecture de Seine-Saint-Denis comme « un État dans l’État, avec ses propres règles et ses tribunaux religieux », et où « parler l’arabe est plus utile que le français ».

« 350 jihadistes connus vivent à Saint-Denis »

Après sa publication, il a fait l’objet d’une plainte déposée par Miqdaad Versi, un porte-parole du Muslim Council of Britain, la plus importante association de musulmans britanniques, auprès de l’IPSO (Independent Press Standards Organisation), le régulateur de la presse au Royaume-Uni. Fin janvier, cet organisme a reproché au Daily Mail de présenter « comme un fait établi » que « 350 djihadistes connus vivent à Saint-Denis », un nombre que le journal « n’a pas pu justifier ».

Selon le tabloïd, ce chiffre repose en réalité sur des déclarations faites par un « responsable » anonyme à une autre publication et selon lesquelles il y aurait « environ 30 terroristes potentiels vivant en Seine-Saint-Denis et environ 300 extrémistes qui les soutiendraient ».

« 1.700 jihadistes sont rentrés en France »

Le Daily Mail a finalement apporté un correctif dans son édition de mercredi. Le journal indique qu’il n’existait « aucun chiffre officiel portant sur le nombre des djihadistes » à Saint-Denis et dans le département de Seine-Saint-Denis.

Le journal a également été épinglé par le régulateur pour avoir affirmé que « 1.700 djihadistes sont rentrés en France après avoir combattu pour le groupe État Islamique en Syrie ». Une fois de plus, il s’agissait d’une erreur : le tabloïd a reconnu qu’il s’agissait en fait du nombre des personnes radicalisées ayant quitté la France pour rejoindre l’EI.

Seine-Saint-Denis devient Saint-Denis

L’IPSO a enfin reproché au tabloïd d’avoir diffusé une « information inexacte » et de n’avoir pas fait de « distinctions entre des commentaires et des faits » en soutenant que 300.000 migrants clandestins habitaient à Saint-Denis.

Concernant le territoire désigné, le journal a reconnu avoir raccourci le nom du département, la Seine-Saint-Denis, pour celui de Saint-Denis, par « souci de simplicité », jugeant ces noms « interchangeables ». « Nous présentons nos excuses pour toute confusion », a finalement conclu le journal dans son encart.