«Gilets jaunes»: Alain Weill, le patron de BFMTV, appelle à ne pas «casser le thermomètre»

VIOLENCES Alain Weill, le PDG de BFMTV Altice Média, s’est exprimé dans les colonnes du « JDD » ce dimanche…

L.B. avec AFP

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Alain Weill, le président d'Altice, maison-mère de RMC et SFR, lors d'une conférence de presse le 6 juin 2018.
Alain Weill, le président d'Altice, maison-mère de RMC et SFR, lors d'une conférence de presse le 6 juin 2018. — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

Alain Weill, le PDG de la maison mère de BFMTV Altice Média, a appelé politiques et « gilets jaunes » à ne pas « casser le thermomètre » des médias, regrettant dimanche dans le JDD des violences « inacceptables » contre ses journalistes.

Les médias « ne sont que (…) des thermomètres, à l’écoute de l’opinion. Ce n’est pas une raison pour les accuser de tous les maux parce que la température indiquée sur ce thermomètre ne convient pas », déclare-t-il. « Je considère que nous devons la vérité à ceux qui nous regardent. Or celle-ci ne fait pas toujours plaisir, aux uns comme aux autres. »

« Quelques erreurs ou maladresses »

« Ce serait nous prêter une influence démesurée que d’imaginer que le grand débat voulu par le président de la République soit la conséquence directe d’une amplification de cette crise par les médias », a souligné Alain Weill. « Que je sache, BFMTV n’est pas responsable des rassemblements sur les ronds-points et des discours que tiennent leurs occupants. »

« Nos journalistes, comme d’autres, ont été secoués, violentés, ce qui est proprement inacceptable », a condamné le patron d’Altice Média. Régulièrement pris pour cibles dans les manifestations des « gilets jaunes », les reporters de BFMTV avaient décidé de boycotter les ronds-points lundi 7 janvier.

Répondant à des remarques du CSA sur le traitement de la crise, Alain Weill a reconnu que la rédaction de BFMTV avait pu commettre « quelques erreurs ou maladresses ». « Comme tous », a-t-il précisé. « Et nos métiers nécessitent beaucoup d’humilité et le sens des responsabilités. »

Des « gilets jaunes citoyens » contre les violences

Après un « dialogue » avec les journalistes de la rédaction, BFMTV a pris des premières mesures inspirées de la crise de confiance exprimée par les « gilets jaunes », dont la création d’un « comité éditorial » chargé de « réfléchir à la suite ». « Coller un peu plus à la réalité de la vie quotidienne des Français ; aller vers plus de proximité : cela fait partie d’une réflexion qui vaut pour BFMTV comme pour l’ensemble des médias », a précisé Alain Weill.

Toujours dans le JDD, un collectif de « gilets jaunes citoyens » a par ailleurs dénoncé les violences contre la presse, dans une tribune. « Les journalistes doivent garder cette liberté de couvrir des événements de la manière dont ils l’entendent, quand bien même nous ne serions pas d’accord avec eux », soulignent les signataires.