«Acte 9» des «gilets jaunes»: Une ancienne ministre justifie les violences contre les journalistes

POLEMIQUE Plusieurs journalistes ont été pris à partie samedi lors de l’acte 9 des manifestations de «gilets jaunes»…

L.Be.

— 

Noëlle Lenoir, ancienne ministre des Affaires européennes, à son domicile parisien en 2009.
Noëlle Lenoir, ancienne ministre des Affaires européennes, à son domicile parisien en 2009. — BENAROCH/SIPA

« Les journalistes de LCI agressés par les gilets jaunes sont responsables de ce qu’ils subissent », a écrit samedi l’ancienne ministre Noëlle Lenoir sur Twitter.

Plusieurs journalistes ont été pris à partie samedi lors de l’acte 9 des manifestations de « gilets jaunes » dans l’Hexagone et un agent de sécurité qui accompagnait une équipe de LCI a été frappé à Rouen.

Les journalistes « responsables » de la violence qu’ils subissent

« Ils ont donné à longueur d’antenne une tribune à l’édification de la violence, de la provocation au meurtre, de l’insulte et de la bêtise », a-t-elle écrit sur le même tweet, provoquant une levée de boucliers.

Ce dimanche, celle qui est désormais avocate pour le cabinet Kramer Levin a précisé ses propos. « Ceux qui pensent que je légitime la violence et ne défends pas ardemment la #libertéPresse (voir ma tribune ci-dessous) n’ont pas compris mon souci de ramener les #GJ à leur dimension réelle pour protéger les #journalistes qui en sont victimes ».

Début janvier, Noëlle Lenoir avait déjà ciblé la couverture des « gilets jaunes » faite par les médias.

Une vidéo diffusée par le quotidien régional Paris Normandie montre cet agent, qui accompagnait avec un collègue deux journalistes de la chaîne d’information, être entouré et roué de coups par plusieurs personnes, dont certaines portant un gilet jaune, alors qu’il était à terre. A Paris, une équipe de journalistes de LCI a aussi été prise à partie par quelques manifestants et une journaliste jetée à terre avant d’être protégée par d’autres manifestants, a constaté un journaliste de l’AFP.

Du côté du gouvernement, la réaction est bien différente. Le ministre de la Culture, Franck Riester, a dénoncé sur Twitter un « ignoble lynchage » à Rouen. Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a, lui, poussé un « coup de gueule » sur le réseau social : « Depuis des semaines des équipes de journalistes sont prises à partie et subissent des violences de la part de manifestants partout en France. »