«Gilets jaunes»: Vingt-quatre photoreporters et journalistes indépendants vont porter plainte pour «violences policières»

MEDIAS Vingt-quatre reporters, estimant avoir été pris pour cible par les forces de l'ordre lors de récentes manifestations de « gilets jaunes », ont annoncé ce vendredi leur intention de déposer une plainte…

C.P.

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Les journalistes en train de couvrir la quatrième journée de manifestation des gilets jaunes.
Les journalistes en train de couvrir la quatrième journée de manifestation des gilets jaunes. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Confiscation de matériel de protection ou de prise de vue, tirs de « lanceurs de balle de défense » dans le dos ou dans la tête, coups de matraque télescopique répétés… A la veille de l’acte de 5 de la mobilisation des «gilets jaunes», une vingtaine de photoreporters et journalistes indépendants haussent le ton pour dénoncer les violences commises lors des manifestations du 8 décembre à Paris.

Dans un courrier adressé vendredi au préfet de police de Paris, Michel Delpuech, au procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, et au ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, leur avocat Me Jérémie Assous annonce le dépôt de vingt-quatre plaintes pour des altercations avec les policiers.

Dans son courrier, consulté par franceinfo, Me Assous rappelle que l’IGPN (l’Inspection générale de la police nationale) « est d’ores et déjà saisie d’un grand nombre de plaintes ». A « ces plaintes, s’ajouteront celles de ceux qui ont décidé de me confier la défense de leurs droits avec le soutien de l’UPP (Union des photographes professionnels), du SNJ (Syndicat national des journalistes), de RSF, de la CGT et de FO qui se constitueront parties civiles ».

Faits de violences avec arme

« Au moins huit de ces procédures rapportent des faits de violences avec arme (…) certaines plaintes concernent des faits antérieurs aux manifestations des "gilets jaunes", remontant jusqu’à des violences lors des manifestations contre la « loi travail », au printemps 2016 », précise Le Monde, qui a pu consulter le courrier.

Parmi eux, le journaliste du Parisien Yann Foreix, qui a raconté sur Twitter photo à l’appui comment un officier de la compagnie républicaine de sécurité (CRS) positionné à deux mètres derrière lui avait tiré une munition de lanceur de balle de défense LBD40 dans la nuque, endommageant son casque de moto.

La photoreporter Véronique de Viguerie, qui couvrait la manifestation le 8 décembre à Paris pour le Washington Post raconte, elle, à franceinfo comment les policiers lui ont confisqué ses deux casques de protection estampillés « presse », mais également « des protections de peintre pour se protéger des gaz lacrymogènes ». « J’ai pris une photo et tout de suite les policiers sont venus vers moi et m’ont demandé de fouiller mon sac », racontela photographe, qui dit leur avoir montré sa carte de presse, sans succès : « Ils m’ont expliqué qu’ils n’en avaient rien à faire. »

Interpellé le 11 décembre par un collectif de syndicats de journalistes sur le thème des violences policières à l’encontre des journalistes, le ministère de l’Intérieur avait précisé dans un communiqué qu'« aucune consigne n’a été adressée aux forces de l’ordre qui aurait eu pour effet de limiter l’exercice de la presse ». « Si des journalistes ont eu à souffrir de l’emploi de la force par des unités de police ou de gendarmerie, il invite ceux-ci à déposer plainte au plus vite ou à procéder à un signalement sur la plateforme internet de l’inspection générale de la police nationale prévue à cet effet », rapporte franceinfo,