Mathieu Gallet, le PDG déchu de Radio France, ne pourra pas toucher d’indemnités

AUDIOVISUEL Le Conseil d’Etat a validé vendredi la révocation de Mathieu Gallet par le CSA…

20 Minutes avec AFP

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Le Conseil d'Etat à Paris le 27 mars 2012 (image d'illustration).
Le Conseil d'Etat à Paris le 27 mars 2012 (image d'illustration). — A. GELEBART / 20 MINUTES

Mathieu Gallet ne touchera pas d’indemnités, après sa révocation par le CSA : le Conseil d’État a validé vendredi son éviction par le gendarme de l’audiovisuel, décidée à la suite de sa condamnation pour favoritisme lorsqu’il dirigeait l’Ina.

Le 15 janvier, le patron de Radio france avait été condamné à un an de prison avec sursis et 20.000 euros d’amende par le tribunal de grande instance de Créteil, pour avoir favorisé deux sociétés de conseil lorsqu’il présidait l’Institut national de l’audiovisuel (Ina) entre 2010 et 2014.

Après cette condamnation le 15 janvier, Mathieu Gallet avait fait appel et refusé de démissionner de Radio France. Mais la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, avait jugé «inacceptable» son maintien et appelé l’intéressé et le CSA à « tirer les conséquences » du jugement.

Une révocation inédite contestée devant le Conseil d’Etat

Dans la foulée, le CSA avait décidé le 31 janvier de le démettre de ses fonctions, une grande première dans l’histoire du régulateur de l’audiovisuel. Et en avril, le Conseil supérieur de l’audiovisuel l’avait remplacé à la tête de Radio France par Sibyle Veil.

Mais Mathieu Gallet avait contesté sa révocation et saisi le Conseil d’État, qui a examiné l’affaire la semaine dernière. Les avocats du dirigeant déchu ont accusé le régulateur d’avoir cédé à une pression de l’État. De son côté, le CSA avait assuré n’avoir tenu compte que de l'« intérêt général » et du « bon fonctionnement » de Radio France, lequel nécessitait le maintien de relations « denses, confiantes et permanentes » entre son PDG et l’État.

Le Conseil d’État, plus haute cour administrative du pays, a suivi les conclusions de son rapporteur public, en donnant raison au CSA sur tous les points soulevés.

Devoir d’impartialité

Selon un communiqué publié vendredi, la haute instance a ainsi estimé « que la décision du CSA ne saurait être regardée comme portant atteinte » à la présomption d’innocence de Mathieu Gallet,

De même, elle a jugé que le CSA n’avait pas manqué à son devoir d’impartialité en estimant que maintenir Mathieu Gallet à son poste nuirait au bon fonctionnement de Radio France et à ses relations avec l’État.

Le recours de Mathieu Gallet, s’il avait réussi, ne lui aurait de toute façon pas permis d’être réintégré dans ses fonctions. Il aurait pu en revanche espérer toucher des indemnités conséquentes (autour de 250.000 euros) pour compenser l’arrêt prématuré de son mandat.

Nouveaux projets

Depuis sa révocation, l’ex patron de Radio France s’est lancé dans de nouveaux projets. Il a cofondé en juillet Majelan, une nouvelle plateforme de podcasts (contenus audio diffusés en ligne) qui est sur de bons rails : la jeune société vient tout juste de boucler sa première levée de fonds qui lui a permis de récolter 4 millions d’euros auprès d’investisseurs tels que Xavier Niel, et prépare grâce à ce financement le lancement de son service au printemps 2019.

Majelan proposera une offre gratuite et des contenus exclusifs accessibles via un abonnement payant, misant ainsi sur l’engouement actuel pour les podcasts.