Comment ça, les médias ne parlent pas assez des «gilets jaunes»?

INFORMATION Les mouvements et blocages des « gilets jaunes » font la Une de l’actualité, mais certains internautes estiment que ce n’est pas assez…

V. J.

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Des gilets jaunes à Saint Quentin Fallavier, en Isère, le 19 novembre 2018.
Des gilets jaunes à Saint Quentin Fallavier, en Isère, le 19 novembre 2018. — SIPA

Les «gilets jaunes» sont partout. Sur les routes et dans les médias. « Depuis le 9 novembre, les manifestations et blocages sont le sujet d’actualité n°1 avec 5.500 retombées médiatiques par jour, détaille Florence Doré de l’institut Kantar Media, spécialisé dans les études sur la consommation des médias. Pour donner un élément de comparaison, c’est l’équivalent d’un match de l' Equipe de France lors de la dernière Coupe du monde ou encore de la couverture de Notre-Dame-des-Landes. » C’est donc beaucoup.

Les journaux en font leurs gros titres, les chaînes d’info tournent en boucle dessus, et à titre d’exemple, 20 Minutes a renforcé ses équipes, locale et nationale, pour le blocage du 17 novembre et compte déjà plus d’une centaine d’articles. Et pourtant, plusieurs internautes ont fait part de leur mécontentement sur le traitement médiatique du mouvement « gilets jaunes », que ce soit sur le fond, et la question des chiffres de la mobilisation par exemple, mais aussi sur la forme, avec une couverture que certains ne considèrent pas assez proportionnelle au phénomène, ou trop centrée sur les grandes villes. Des avis exprimés sur les réseaux sociaux, ou en commentaires.

Commentaire sur le traitement des médias du blocage des gilets jaunes, sur Facebook.
Commentaire sur le traitement des médias du blocage des gilets jaunes, sur Facebook. - CAPTURE ECRAN

Médias traditionnels et réseaux sociaux

« Le calcul des retombées ne prend pas en compte les réseaux sociaux, précise Florence Doré. Or, une forte tranche de la population est plus impliquée dans les réseaux sociaux que dans les médias dits traditionnels, qu’ils soient en ligne ou papier. » Ceci explique en partie le ressenti de certains lecteurs et téléspectateurs, auquel s’ajoute une défiance grandissante envers ces mêmes médias. Selon le dernier « Trust Barometer » Edelman publié début 2018, ces derniers sont considérés comme l’institution la moins fiable au monde. Une première.

« Avec les réseaux sociaux, la parole personnelle est maintenant prise en compte, commente l’experte de Kantar Media, ce qui n’était pas le cas avant. Même si l’impact d’un tweet n’est pas comparable à celle d’un article. » Cela peut amener à la confusion que sa propre idée est l’idée générale, et à une frustration. Pourquoi je ne vois pas à la télé ce que je vois au coin de ma rue ? Une frustration d’autant plus prégnante avec les « gilets jaunes » que le mouvement est né et s’est organisée sur les réseaux sociaux.