«Ouest-France»: Appel à la grève à l'annonce d'un projet de réorganisation

MEDIAS Visant à développer le numérique et l’international, tout en mutualisant les rédactions locales, le projet se traduira à terme par 56 suppressions d’emploi, selon la direction…

20 Minutes avec AFP

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La une du journal Ouest-France du 20 février 1984.
La une du journal Ouest-France du 20 février 1984. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

L’intersyndicale du groupe Sipa Ouest-France a appelé à la  grève  après la présentation aux salariés, jeudi, d’un projet de réorganisation visant à développer le numérique et l’international, tout en mutualisant les rédactions locales, ce qui se traduira à terme par 56 suppressions d’emploi, selon la direction.

Présenté en comité d’entreprise et en CHSCT, ce projet se traduira par une « mutualisation » de l’information produite localement par les Journaux de Loire (Courrier de l’Ouest, Maine libre, Presse-Océan) et les salariés du quotidien Ouest-France dans les départements du Maine-et-Loire, de la Sarthe et de Loire-Atlantique.

Une réduction des moyens rédactionnels

« Une partie des articles élaborés par Le Courrier de l’Ouest en Maine-et-Loire ou Le Maine Libre en Sarthe serait reprise par Ouest-France », tandis qu’en Loire-Atlantique, « les contenus locaux et départementaux élaborés par Ouest-France deviendraient disponibles pour Presse Océan », précise le groupe dans un communiqué.

Dans le Finistère, où Le Télégramme est historiquement implanté, le groupe prévoit de réduire « ses moyens rédactionnels en adaptant la pagination de ses éditions, tout en dynamisant son projet numérique ».

Interrogé par l’AFP, le rédacteur en chef de Ouest-France François-Xavier Lefranc a indiqué que ces réorganisations se traduiraient à terme par « 56 suppressions d’emploi, sans licenciement sec ».

Misant sur l’international, l’enquête et le numérique, le groupe prévoit de créer un bureau à Bruxelles et de renforcer son bureau parisien.

Un projet d’entreprise « dangereux » selon l’intersyndicale

L’intersyndicale du groupe (CGT, CFDT, SNJ, CFE-CGC) a aussitôt appelé les salariés à se mettre en grève, dénonçant un projet d’entreprise « dangereux » et appelant la direction à « revoir son projet ».

« Ce plan, qui piétine les engagements historiques d’Ouest-France de maintenir le pluralisme et la qualité de l’information, ne s’accompagne d’aucun projet éditorial et commercial sérieux, susceptible de redresser la diffusion qui s’effondre », dénonce-t-elle dans un communiqué.

La rédaction sarthoise de Ouest-France a dénoncé de son côté un plan « d’une ampleur, d’une brutalité et d’une injustice inédites », avec huit postes conservés sur les 27 équivalents temps plein actuels. Les salariés dénoncent également des mutations qui seraient « contraintes ».

Sipa Ouest-France précise vouloir « atteindre, à l’horizon 2020, 5 millions de lecteurs par jour et plus de 500 millions de pages vues par mois dans son écosystème numérique ».

Premier quotidien régional français, Ouest-France est diffusé à 685.096 exemplaires, selon les chiffres OJD de 2017. Il emploie 576 journalistes équivalents temps plein (EQTC). Le groupe Journaux de la Loire affiche une diffusion de 155.837 exemplaires en 2017 et salarie 181 journalistes EQTC.