Un historien s'interroge sur la présence de «Mein Kampf» dans les rayons de la Fnac

HISTOIRE « Cela pose question d’un point de vue moral », a déclaré Frédéric Sallée à Franceinfo…

F.R.

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Un lecteur lit «Mein Kampf» dans une bibliothèque berlinoise en 2015.
Un lecteur lit «Mein Kampf» dans une bibliothèque berlinoise en 2015. — TOBIAS SCHWARZ / AFP

Lundi, l’historien Frédéric Sallée s’émouvait sur Twitter de voir Mein Kampf en vente à la Fnac de Grenoble. « C’est tout à fait légal (…). Mais cela pose question d’un point de vue moral », a-t-il déclaré à Franceinfo.

« C’est un document important pour l’histoire, c’est indéniable. Mais le mettre en vente, à côté de livres d’historiens, sème la confusion entre le travail des historiens et le document source », a-t-il ajouté après avoir précisé que l’édition en rayon est celle de 1934 : « Il y a seulement un petit avant-propos, obligatoire depuis 1979, quelques pages qui informent le lecteur de ce qu’il va trouver dans le livre et expliquent juste que les propos de Mein Kampf sont incompatibles avec la République. »

La Fnac se défend

La Fnac, elle, a répondu à Franceinfo qu’elle « se doit de respecter sa fonction (…) [et] donc mettre à disposition du public tout ce qui n’est pas interdit par la loi et se trouve dans l’impossibilité de pratiquer une quelconque censure. » L’enseigne souligne aussi qu’elle n’a pas mis le pamphlet d’Adolf Hilter en avant dans l’espace librairie.

Des précédents

L’an passé, la découverte d’un exemplaire de Mein Kampf sur un stand du Festival du livre de Nice avait indigné la Mairie de la ville qui avait promis qu’elle instaurerait « de nouvelles dispositions pour éviter que cela ne se reproduise lors des prochaines éditions ». « C’est moralement inacceptable », avait déclaré le conseille municipal Jean-Luc Gag à 20 Minutes. Un an plus tôt, de l’autre côté des Alpes, c’est le quotidien Il Giornale qui a défrayé la chronique en distribuant gratuitement un exemplaire du livre en supplément de son édition du samedi. Le journal s’était justifié en disant qu’il fallait « Connaître pour rejeter » et d’argumenter : « Lire Mein Kampf est un véritable antidote aux toxines du national-socialisme ».