Reporters sans frontières: Une commission va rédiger une «déclaration internationale sur l'information et la démocratie»

JOURNALISME Pour la rédiger, RSF a constitué une commission indépendante, présidée par l’iranienne Shirin Ebadi, prix Nobel de la paix, et son secrétaire général Christophe Deloire…

20 Minutes avec AFP

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Des militants Reporters sans frontières à l'ambassade de Turquie à Paris en janvier 2018.
Des militants Reporters sans frontières à l'ambassade de Turquie à Paris en janvier 2018. — ZIHNIOGLU KAMIL/SIPA

La guerre aux fake news est déclarée. Reporters sans frontières a chargé une commission indépendante composée de prix Nobel, journalistes et juristes de rédiger une « déclaration internationale sur l’information et la démocratie », 70 ans après la déclaration universelle des droits de l’Homme.

Cette déclaration aura pour objet « d’énoncer des principes, de définir des objectifs et de proposer des modalités de gouvernance ». Elle pourra aussi servir de référence à « tous ceux qui sont attachés à préserver un espace public libre et pluraliste, condition de la démocratie », explique RSF dans un communiqué.

Obtenir un engagement international

Pour la rédiger, RSF a constitué une commission indépendante, présidée par l’iranienne Shirin Ebadi, prix Nobel de la paix, et son secrétaire général Christophe Deloire. Elle comprend 24 personnalités éminentes de 17 pays : l’essayiste Francis Fukuyama et l’ex-président du Sénégal Abdou Diouf y côtoieront Marina Walker, directrice adjointe du Consortium international des journalistes d’investigation, ou encore Can Dündar, ex – rédacteur en chef du quotidien turc Cumhuriyet, et plusieurs autres prix Nobel (Amartya Sen, Joseph Stiglitz, Mario Vargas Llosa).

« L’objectif ultime de l’initiative est d’obtenir un engagement international d’Etats, d’entreprises privées et de représentants de la société civile. RSF entend qu’un processus politique soit lancé à l’initiative de plusieurs dirigeants de pays démocratiques, sur la base de la déclaration qui sera rédigée, pour aboutir à un » Pacte international pour l’information et la démocratie « », affirme l’association.

Deux mois pour aboutir à un texte

Alors que la déclaration universelle des droits de l'Homme avait été en gestation pendant deux ans, avant d’être adoptée à Paris par l’assemblée générale des Nations Unies, en 1948, le calendrier de cette initiative est nettement plus serré : la commission, qui se réunira pour la première fois cette semaine, a deux mois pour aboutir à un texte et des consultations ont déjà été lancées afin de nourrir ses travaux.

RSF souhaite en effet que des dirigeants du monde entier puissent s’engager « dès la mi-novembre » sur l’élaboration d’un tel « pacte mondial », a indiqué Christophe Deloire.