Verdict reporté pour les journalistes de Reuters emprisonnés en Birmanie

PRESSE Les journalistes devaient être fixés sur leur sort lundi, mais devront attendre le 3 septembre...

20 Minutes avec AFP

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Depuis le 25 octobre 2017, les violences entre musulmans et bouddhistes en Birmanie ont mis des milliers de civils sur les routes.
Depuis le 25 octobre 2017, les violences entre musulmans et bouddhistes en Birmanie ont mis des milliers de civils sur les routes. — SIPA

Accusés d’atteinte au secret d’Etat, deux journalistes de Reuters sont en détention préventive depuis décembre 2017 en Birmanie. Ils enquêtaient sur un massacre de musulmans rohingya par l’armée, et leur arrestation a entraîné de vives réactions internationales à l’encontre de la Birmanie. La justice birmane devait se prononcer sur le cas lundi, mais le verdict a été reporté au 3 septembre.

« Nous n’avons pas peur »

« Le juge Ye Lwin est malade et hospitalisé depuis le 24 août. C’est pourquoi le verdict sera rendu le 3 septembre », a indiqué le magistrat Khin Maung Maung lors de l’audience. Les deux journalistes, Wa Lone, 32 ans, et Kyaw Soe Oo, 28 ans, risquent une peine de 14 ans de prison s’ils sont reconnus coupables. « Peu importe ce qui sera décidé à notre encontre, nous n’avons pas peur, a réagi Wa Lone après l’annonce du report. La vérité est avec nous et nous n’avons rien fait de mal. »

Les autorités birmanes les accusent d’avoir détenu des documents confidentiels relatifs aux opérations des forces de sécurité dans l’Etat Rakhine, une région située dans le nord-ouest du pays, théâtre du drame rohingya. Les reporters birmans de l’agence de presse enquêtaient sur un massacre de membres de la minorité musulmane dans le village de Inn Dinn. Quelques jours après leur arrestation, l’armée avait reconnu que des soldats et des villageois bouddhistes avaient tué de sang-froid des captifs rohingya le 2 septembre 2017. Sept militaires ont été condamnés à dix ans de prison pour ce massacre.

Une liberté de la presse très menacée

Une éventuelle condamnation des journalistes de Reuters risque d’encore entacher l’image déjà écornée d’Aung San Suu Kyi. La Prix Nobel de la paix 1991, à la tête du gouvernement civil depuis 2016, est très critiquée pour son inaction dans la gestion de la crise Rohingya et pour son silence sur le rôle de l’armée, avec laquelle elle doit composer sur le plan politique. Le procès a été marqué par les nombreux appels de la communauté internationale pour la libération des deux reporters et pour la défense de la liberté de la presse qui reste très menacée dans le pays.