Iran: Un journaliste condamné à dix ans de prison pour avoir «insulté» un imam sur Twitter

LIBERTE D'EXPRESSION L’an passé, un journaliste du quotidien « Jahan-e Sanat » a posté un tweet satirique qui a été interprété comme insultant…

20 Minutes avec AFP

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Photo d'illustration - Un drapeau de l'Iran.
Photo d'illustration - Un drapeau de l'Iran. — MORTEZA NIKOUBAZL/SIPA

Dix ans de prison pour un tweet. Mir Mohammad-Hossein Mir-Esmaili, un journaliste iranien, a été ainsi condamné pour l’un de ses messages postés sur Twitter, a fait savoir son avocat lundi. Il avait écrit l’an passé que l’ imam Reza, qui a vécu au IXe siècle et est l’une des douze figures vénérées de l’islam chiite majoritaire en Iran, était « l’un des nôtres ». C’est-à-dire qu’il aurait autorisé les jeunes à s’amuser.

Ce tweet avait été posté en réaction à la décision de l’ayatollah Ahmad Alamolhoda d’interdire les concerts dans la ville sainte de Machhad, où se trouve le mausolée de l’imam Reza. « Alamolhoda dit que la danse et la musique sont une insulte à l’imam Reza ! Allez, ne mentez pas, l’imam Reza est l’un des nôtres », avait donc plaisanté le reporter du quotidien Jahan-e Sanat.

« Je voulais seulement critiquer Alamolhoda »

« Mon client a critiqué des dirigeants sous la forme de la satire mais elle a malheureusement été considérée comme une insulte », a déclaré son avocat Hossein Ahmadiniyaz en révélant son intention d’interjeter appel.

« Je n’ai aucunement insulté l’imam Reza. Je suis musulman et chiite et je voulais seulement critiquer Alamolhoda », avait ajouté Mir-Esmaili après avoir publié son message sur Twitter. Des internautes l’avaient menacé de lui jeter de l’acide et de le tuer. Le journaliste a été a été arrêté en avril 2017 alors qu’il tentait de fuir l’Iran.