Luc Besson accusé d'agression sexuelle: «The New York Times» s'étonne du «silence du cinéma français»

ACCUSATIONS La culture de la séduction et du flirt est mise en cause par l'article....

L.B.

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Luc Besson fait l'objet d'une plainte pour viol depuis la mi-mai.
Luc Besson fait l'objet d'une plainte pour viol depuis la mi-mai. — ALBERTO PIZZOLI / AFP

Aux Etats-Unis, l’affaire Harvey Weinstein a poussé les femmes à parler et créé la vague #metoo. En France, les accusations d’agression sexuelles et de viol contre Luc Besson n’ont pas suscité la même émotion, loin de là. Un article du New York Time publié lundi s’étonne des faibles réactions après le témoignage de Sand Van Roy contre la « première personnalité de l’industrie du film en France ». « Une figure aussi importante que l’était Harvey Weinstein pour le cinéma américain ».

L’article explique l’absence de soutien de la jeune comédienne par la culture française portée sur la séduction. « Les Français se targuent d’apprécier un art de la séduction et du flirt peu apprécié des Américains », écrit The New York Times, ne manquant pas de mentionner la tribune des 100 femmes, dont Catherine Deneuve, en janvier dernier qui défendaient dans les colonnes du Monde « la liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle ».

Plusieurs témoignages contre Besson début juillet

Si Catherine Deneuve avait fini par modérer ses propos et adresser ses excuses aux victimes de violences sexuelles que la lettre avait choquées, pour le journal américain, la limite reste floue entre le tolérable et l’intolérable. « Les femmes peuvent avoir du mal à déterminer un seuil de tolérance, tout simplement parce que cela fait partie de la culture ambiante », écrit The New York Times.

Après la plainte pour viol déposée par Sand Van Roy en mai, plusieurs femmes ont témoigné début juillet auprès de Mediapart de gestes déplacés voire d’agressions sexuelles de la part du réalisateur Luc Besson. Une ancienne collaboratrice de Luc Besson, chargée des castings, a écrit début juillet au procureur de la République de Paris pour dénoncer des faits qu’elle qualifie d'« agressions sexuelles ».

Elle évoquait un climat de travail « très sexualisé », ainsi que « des gestes et des comportements inappropriés, qu’elle estime être des "agressions sexuelles" ». Contacté par l’AFP, l’entourage de l’avocat de Luc Besson, Me Thierry Marembert, avait fait savoir que celui-ci n’avait à ce stade « rien de plus (à dire) que les déclarations à Mediapart ».