Ligue 1, Canal Play, «Les Guignols»... Retour sur une année difficile pour Canal +

DEGRINGOLADE D’après le communiqué de résultats publié par sa maison mère Vivendi, 4,792 millions d’abonnés avaient souscrit un contrat directement avec Canal + en France au 30 juin, contre 4,989 millions un an auparavant…

C.W. avec AFP

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Illustration Canal+.
Illustration Canal+. — SOLAL/SIPA

Les mois passent et Canal+ peinent toujours à redresser la barre. Le groupe de TV payante a vu sa base d’abonnés s’effriter en France métropolitaine au premier semestre, dans un contexte concurrentiel accru. D’après le communiqué de résultats publié par sa maison mère Vivendi jeudi, 4,792 millions d’abonnés avaient souscrit un contrat directement avec Canal + en France au 30 juin, contre 4,989 millions un an auparavant. La télévision payante compte en revanche 135.000 abonnés supplémentaires via des opérateurs télécoms (3,130 millions au 30 juin, contre 2,995 millions il y a un an).

« La France métropolitaine poursuit son redressement », assure néanmoins Vivendi dans son communiqué, en faisant référence à une baisse des résiliations de 19 % au premier semestre 2018 par rapport à la même période en 2017. Si le bilan global reste positif, comment expliquer cette chute lente et progressive ? Retour sur un premier semestre 2018 qui n’a pas été de tout repos pour la chaîne cryptée.

Un nouveau coup dur sportif

Après la Premier League, la Ligue des champions, la Ligue Europa, Canal + s’est vu amputer de nouveaux droits sportifs de taille cette année : la Ligue 1. Diffuseur de cette compétition depuis 1984, la chaîne cryptée, qui a fidélisé ses abonnés au fil du temps notamment grâce à cette offre, se l'est fait chiper en mai dernier par Mediapro, le diffuseur de la Liga. Canal + n’a pas accepté la flambée des prix des droits TV pour la période 2020-2024 (ils ont grimpé de 60 % sur la période précédente pour au total dépasser le milliard d’euros) et se retrouve donc privé d’un atout historique. « Il est important de garder à l’esprit que nous avons toujours le foot pour les deux années à venir », a nuancé Arnaud de Puyfontaine, président du directoire de Vivendi, lors d’une conférence téléphonique avec des analystes financiers. Bon, il reste toujours aussi le Top 14 pour les fanas de rugby.

La chute de Canal Play

Lancé en 2011, le service de vidéo à la demande de Canal + n'a finalement pas résisté à la puissance du géant Netflix. En juin dernier, le président du directoire du groupe Canal + Maxime Saada a annoncé que Canal Play avait perdu 75 % de ses abonnés. « CanalPlay est passé de 800.000 à 200.000 abonnés (…) En deux ans, on a été rayés de la carte sur ce marché, qui est en train de se substituer à la télévision », a-t-il affirmé. « C’est terminé pour CanalPlay », assène-t-il. Et un projet qui tombe à l’eau, un.

Le conflit avec TF1

Si ce conflit inédit entre TF1 et les opérateurs a surtout fragilisé la une au niveau des audiences, Canal aurait aussi pu y perdre des plumes et des clients. Pour rappel, faute d’arriver à un accord commercial avec le groupe TF1, qui demandait des sommes astronomiques aux opérateurs pour diffuser ses chaînes, Canal + avait tout bonnement décidé d’interrompre leur diffusion à ses abonnés. « Il est très clair pour nos abonnés, qui nous soutiennent, qu’il n’est pas question pour eux de payer pour une chaîne gratuite, expliquait le directeur général du groupe Maxime Saada sur Europe 1. On a bon espoir de trouver un accord dans les jours prochains. » Accord trouvé le 9 mars, après des mois de négociations infructueuses.

La mort d’un programme culte

Après une mort lente et progressive, le glas a finalement sonné pour les Guignols en juin dernier. A l’antenne depuis 1988, les marionnettes les plus célèbres du paysage audiovisuel ont tiré leur révérence, emportant l’âme de la chaîne cryptée avec eux. Quid de la rentrée 2018 ? La poignée d’irréductibles abonnés devrait retrouver encore un peu de foot (encore deux saisons de Ligue 1), quelques nouvelles séries (notamment Catch-22, la série de George Clooney), et du porno. Ouf.