Audiences, déficit… Le Média dans le rouge

WEB TV La web télé Le Média, lancée par des proches de la France insoumise et de Jean-Luc Mélenchon, connaît des difficultés, aussi bien en terme d'audiences que financières, révèle Mediapart...

Jeremy Vial

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Sophia Chikirou, confondatrice du Média, devant la rédaction le 26 février 2018.
Sophia Chikirou, confondatrice du Média, devant la rédaction le 26 février 2018. — LE MEDIA / CAPTURE D'ECRAN

Le Média est en difficulté. La plateforme web initiée par des proches de La France insoumise (LFI) et de son leader, Jean-Luc Mélenchon, peine à s'imposer comme un relais d'information, assure Mediapart. Audiences en baisse et difficultés financières, la web télé peut cependant compter sur ses membres, à la recherche de solutions pour redresser la situation. L’éventualité de rentrées publicitaires était un temps évoquée…

Premier témoin des difficultés actuelles du Média : ses audiences. Elles ont connu une baisse sensible en l’espace de six mois, passant de 257.000 visiteurs uniques (en janvier) à 131.000 (en mai), rapporte Médiamétrie. La situation n’est pas plus réjouissante pour le JT, diffusé sur YouTube, qui ne récolte plus que 10.000 vues ces dernières semaines, contre environ 30.000 en début d’année.

Des idées pour se relancer

Outre ses audiences en chute libre, Le Média doit composer avec un déficit qui se creuse. L’ex-présidente, Sophia Chikirou, recadrée sans ménagement par Le Canard enchaîné sur Twitter, a annoncé, vendredi, que les dépenses de la web télé dépassaient les 200.000 euros par mois (soit 47.500 euros de pertes mensuels). Toujours selon Mediapart, un emprunt bancaire de 200.000 euros a même été contracté pour « renflouer la trésorerie du Média pendant l’été ».

Au-delà de ce soutien des banques, les acteurs du Média s’activent en coulisses afin de trouver des solutions pérennes. Ainsi, selon Mediapart, Sophia Chikirou, qui a quitté la tête de la web télé il y a quelques jours seulement, envisageait d’ouvrir le site à la publicité ou de convaincre des investisseurs afin que ces derniers acquièrent des « titres participatifs ». Sa remplaçante, la journaliste Aude Lancelin, s’oppose pour l’heure à cette option. « Je pense qu’avant de penser à se prostituer, il faudrait peut-être faire du journalisme, et parler du contenu », aurait-elle lancé lors d’un séminaire.

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Mais d’autres pistes ont également été avancées à l’occasion de cette réunion. L’idée d’une boutique de « goodies » et le recours à des subventions publiques, comme celles du Centre national du cinéma (CNC) ou les aides à la presse sont autant d’options qui ont été évoquées, relaie le quotidien Le Monde. Le Média compterait sur une hausse du nombre de ses abonnés afin de réduire les pertes et aurait sollicité une subvention du CNC pour la réalisation d’une mini-série historique.