Jean-Marie Le Pen raconte comment il a élaboré l'évasion par hélicoptère de Bastien-Thiry

RECIT Le terroriste avait été condamné à mort pour la tentative d'assassinat sur le général de Gaulle en 1962...

Benjamin Chapon

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Jean-Marie Le Pen, le 1er mai 2018.
Jean-Marie Le Pen, le 1er mai 2018. — CHAMUSSY/SIPA

Jean-Marie Le Pen a confessé un nouvel épisode étonnant de sa vie dans un entretien au Figaro. Le fondateur du Front national affime qu'il avait monté un commando pour faire libérer Jean Bastien-Thiry, instigateur de l’attentat du Petit-Clamart qui a failli coûter la vie au général De Gaulle en 1962.

L’opération devait avoir lieu début mars 1963, alors que le terroriste, ancien lieutenant-colonel de 35 ans, attendait que soit exécutée sa condamnation à mort. Huit mois plus tôt, il avait organisé et participé à l’attentat visant le général De Gaulle, le 22 août 1962.

Une grave angine

Si Jean-Marie Le Pen a organisé cette tentative d’évasion avec un groupe d’amis, c’est pour des raisons politiques, et une sympathie idéologique pour Jean Bastien-Thiry. Celui-ci avait voulu assassiner le général De Gaulle après son discours sur l’autodétermination de l’Algérie. Plusieurs tentatives d’attentats à l’encontre du chef de l’État organisées par Jean Bastien-Thiry avaient été déjouées jusqu’à l'« opération Charlotte Corday » durant laquelle 187 balles furent tirées par le commando sur la Citroën DS présidentielle.

Lui aussi fervent défenseur de l'Algérie française à l'époque, Jean-Marie Le Pen avait donc monté une opération pour faire évader le condamné à mort par hélicoptère. « L’opération était prête, raconte-t-il. On a loué un hélicoptère. On avait prévu qu’un type à nous prenne les commandes. Mais la veille après-midi, Bastien-Thiry nous fait savoir qu’il a une très grave angine et qu’il ne pourra pas participer à l’opération. À mon avis, il avait déjà accompli une grande partie de son voyage vers la mort. » L’évasion n’aura donc jamais lieu et Jean Bastien-Thiry fut exécuté le 11 mars 1963.