Un collectif de femmes journalistes estiment que le cyberharcèlement dont elles sont victimes est un accident du travail

TRIBUNE Le collectif Prenons la Une appelle les rédactions à prendre leurs responsabilités...

Benjamin Chapon

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Nadia Daam, chroniqueuse pour Europe 1
Nadia Daam, chroniqueuse pour Europe 1 — Capture Dailymotion / Europe 1

« Suicide-toi », « ferme ta gueule », « chienne », « hystérique », « mal baisée », « tu as couché pour réussir », « va te faire violer »… Nous, femmes journalistes, sommes régulièrement confrontées aux violences en ligne. » Ainsi débute la tribune publiée par le collectif Prenons la Une dans Le Monde. Ces femmes journalistes réclament que le cyberharcèlement dont elles sont régulièrement victimes puisse être reconnu comme un accident du travail.

« Le cyberharcèlement peut toucher tout le monde. Mais parce qu’ils s’expriment en public, les journalistes y sont particulièrement exposés. Parmi eux, les femmes sont une cible privilégiée. Elles le sont encore davantage si elles sont non blanches, issues de la communauté LGBT, grosses ou en situation de handicap, voire qu’elles assument l’étiquette de « féministe ». » Dernièrement, le cas de Nadia Daam, journaliste à Europe 1 et Arte, et prise pour cible par des internautes du site jeuxvideo.com, a particulièrement fait réagir.

Guide de bonnes pratiques

Le collectif Prenons la Une pointe que ces « raids » ont pour but d’intimider et réduire au silence les victimes et « en appelle aux rédacteurs et rédactrices en chef, et aux manageurs à divers niveaux, pour que le cyberharcèlement soit, enfin, pris au sérieux. Il devrait être appréhendé comme « un accident du travail ». »

Outre un accompagnement juridique « en mettant à disposition de la victime l’avocat de l’entreprise », la tribune énumère plusieurs « bonnes pratiques » pour aider les femmes journalistes harcelées sur les réseaux sociaux. Elle conseille notamment d’écouter les victimes et de ne pas les culpabiliser. Un community manager de l’entreprise peut aussi lui venir en aide : « Nous recommandons une meilleure sensibilisation et une formation des équipes de management, des rédacteurs et des ressources humaines à ce genre de situations, ainsi qu’aux questions de cybersécurité. »

Pour conclure, le collectif signale qu’il n’est pas interdit, pour un média, d’afficher un « soutien public officiel », avec l’accord de la victime : « Quand une journaliste est harcelée, c’est toute la rédaction qui est touchée. »