Le magazine «Society» froisse l'Elysée après la relecture d'un entretien avec Macron

PRESSE Dans un entretien accordé à L’Opinion, le patron de Society et du groupe So Press, Franck Annese, raconte s’être « accroché avec le service de presse d’Emmanuel Macron » sur la relecture d’une interview accordée par le président de la République sur l’Afrique...

Jérémy Vial

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Le patron de "Society" Franck Annese est passé outre les consignes du service presse de l'Elysée.
Le patron de "Society" Franck Annese est passé outre les consignes du service presse de l'Elysée. — Ibo / Sipa

« Relecture » ou « réécriture » d’une interview ? Voici une question qui peut se présenter au sein des rédactions de presse. Et elle s’est posée dernièrement dans celle du magazine Society. Le titre de So Press serait ainsi pris en grippe par l’Elysée à en croire Franck Annese, le patron du groupe auquel appartient Society. Dans un entretien à L’Opinion, l’homme à la casquette déplore les agissements du service de presse de l’Elysée, qui aurait « réécrit » en partie une interview du président de la République, Emmanuel Macron,

qui a répondu aux questions de Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel, dimanche.

« Plus (aucune) interview de Macron »

« Je n’ai rien contre une relecture mais si l’interlocuteur veut réécrire, là, oui, j’ai un souci, précise Franck Annese à L’Opinion. Je me suis accroché avec le service de presse d’Emmanuel Macron qui voulait réécrire une interview donnée à 'Society' sur l’Afrique. Naïvement, j’ai pensé qu’il ne s’agissait que d’une relecture. »

Le patron de presse précise qu’il a finalement pris la décision de publier l’entretien du président de la République dans les pages de Society et ce malgré les remontrances des services de l’Elysée, lui assurant que son magazine n’aurait « plus d’interview de Macron durant le quinquennat ». « Tant pis même si, au fond, je crois qu’il arrivera un moment où il sera dans leur intérêt de communiquer dans un journal comme 'Society', ajoute Franck Annese,

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Je pense que c’est contre-productif pour tout le monde de réécrire les interviews. »

Une complaisance du Point ?

L'ambitieux responsable du groupe So Press va plus loin chez nos confrères de L’Opinion, révélant des confessions du service de presse de l’Elysée sur un entretien précédent accordé par Emmanuel Macron au magazine Le Point. « Ils m’ont répondu cette phrase folle : 'Si tu crois que l’interview de trois heures parue dans Le Point correspond aux trois heures d’entretien, tu te trompes'. Or ce n’est pas moi qui me trompe, mais Le Point. »