Le magazine Elle a vu ses ventes baisser de 10% en France depuis 2013 à 329 932 exemplaires en moyenne par semaine en 2017.
Le magazine Elle a vu ses ventes baisser de 10% en France depuis 2013 à 329 932 exemplaires en moyenne par semaine en 2017. — J. Saget

PRESSE

Lagardère va se séparer du magazine «Elle»

Le groupe Lagardère a engagé la vente d’une partie de ses magazines en France, dont l’hebdomadaire féminin « Elle », au groupe du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky. Une opération qui devrait être finalisée dans les prochaines semaines…

Elle et Lagardère, bientôt la fin de l’idylle. Le groupe dirigé par Arnaud Lagardère continue son opération « dégraissage » dans le domaine des médias. Alors que l’entreprise se déleste de ses titres déficitaires depuis plusieurs années déjà (Pariscope au format papier, Be, Auto Moto, Psychologies Magazine, Première), ce dernier s’apprête à céder l’un de ses titres phares, Elle, à un groupe tchèque appartenant au milliardaire Daniel Kretinsky.

Dans le portefeuille de Lagardère depuis 2011, Elle n’est pas l’unique titre à faire l’objet d’une prochaine cession. Ainsi, le groupe va se séparer de « Version Femina, Art & Décoration, Télé 7 Jours (et ses déclinaisons), France Dimanche, Ici Paris et Public », détaille Lagardère dans un communiqué. Cependant, il conserve la propriété de la marque « Elle » pour la presse, le numérique, et les produits dérivés (vêtements, cafés…) en France comme à l’international.

Lagardère serre la ceinture

Cette vente intervient au lendemain de la cession des radios de Lagardère au même groupe tchèque, pour un montant de 73 millions d’euros. Deux annonces qui s’inscrivent dans le plan d’économies de 50 millions d’euros (avec 224 départs volontaires) décidé en 2016, auquel s’ajoutait trois ans de restructuration.

Et malgré un rebond l’an dernier, la diffusion des magazines du groupe est en baisse structurelle, ainsi que leurs revenus publicitaires. Dans ce contexte, le magazine Elle a vu ses ventes baisser de 10 % en France depuis 2013, à 329. 932 exemplaires en moyenne par semaine en 2017.

Si l’affaire est menée à bien, Lagardère aura soldé ses derniers titres de presse, à l’exception de Paris Match et du Journal du Dimanche qu’il souhaite conserver, ainsi que la radio Europe 1. La prochaine étape pour le groupe pourrait être la cession de chaînes de télévision, dont Gulli, rapporte plusieurs médias.

Les salariés dans l’expectative

Ce mercredi, les syndicats de Lagardère Active doivent rencontrer le patron de la branche médias du groupe, Denis Olivennes, et tenir une assemblée générale.

A la mi-mars, les salariés avaient voté une motion de défiance « à l’unanimité » contre les directions de Lagardère Active et de Lagardère. Les représentants de salariés au comité de groupe avaient déploré le « démantèlement d’un groupe prestigieux » et la casse sociale.

Le titre du groupe a commencé la séance en hausse à la Bourse de Paris, avant d’afficher une baisse de 0,77 % à 23,22euros à 11h40 dans un marché en hausse de 0,16 %, alors que les analystes s’interrogent sur le montant de l’opération, qui n’a pas encore filtré.