Fantasy : « Gagner la guerre », de Jean-Philippe Jaworski, l’assassin du Podestat

SUR LA PLAGE, LES PAVES (5/6) Vous aimez l’univers fantasy à l’écran et vous aimeriez vous attaquer aux livres sans savoir par où commencer ? « 20 Minutes » vous donne quelques conseils de lecture

Xavier Héraud
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Récits du Vieux Royaume, dans lequel figure Gagner la guerre
Récits du Vieux Royaume, dans lequel figure Gagner la guerre — Xavier Héraud
  • Alors que House of The Dragon, le prequel de Game of Thrones va bientôt débarquer sur HBO, on ne peut que constater l’évidence : l’adaptation à l’écran des œuvres majeures de la fantasy est devenue quelque chose de courant.
  • Mais dans ce genre où faire moins de 600 pages par livre relève quasiment de la faute de goût, il reste encore de nombreux chefs-d’œuvre qui n’ont pas encore été portés à l’écran. 20 Minutes vous en conseille six d’entre eux.
  • Gagner la guerre, de Jean-Philippe Jaworski, est un roman de cape et d’épée à la sauce fantasy, porté par une écriture flamboyante et virtuose.

La saga que nous vous présentons a deux spécificités. D’abord, elle est écrite par un français, Jean-Philippe Jaworski. Comme le succès que la saga The Witcher, écrite par le polonais Andrzej Sapkowski, l’a déjà démontré, la fantasy n’est pas l’apanage des Anglo-Saxons. Qu'on se le dise : la fantasy française est de qualité et Jaworski en est un de ses meilleurs représentants.

Ensuite, contrairement aux autres sagas de notre série fantasy estivale, Gagner la guerre n’a qu’un seul tome — assez conséquent, tout de même, précédé d’une nouvelle dans le recueil Juana Vera. Les deux sont réunis au sein d’un même livre, intitulé Récits du vieux royaume, paru chez Folio SF. Le roman a reçu le prix Imaginales du meilleur roman francophone en 2009. Il existe une adaptation BD, signée Frédéric Genêt, parue aux éditions Le Lombard.

Ça raconte quoi ?

Dans un univers qui évoque l'Empire Romain, Benvenuto Gesufal est un assassin et espion au service du Podestat de la République de Ciudalia, Leonide Ducatore, auprès de qui Machiavel passerait pour un Bisounours. Ce dernier lui confie une mission à haut risque. Comme dans L’assassin royal, de Robin Hobb, l’histoire est narrée à la première personne – du point de vue de Benvenuto. La comparaison s’arrête là : l’homme de main du podestat n’a pas la noblesse de cœur et les cas de conscience de Fitz. C’est un dur, un vrai, violent, raciste, mysogyne et on en passe. Mais le plus salaud de l'histoire n'est pas forcément celui qu'on croit. 

C’est comment ?

Par son extrême violence et son humour, Gagner la guerre ressemble à La première loi, dont nous avons parlé cette semaine. Avec le style flamboyant et précis de Jaworski en plus. Côté intrigue politique, on penche plus côté Game of Thrones

Quelle magie ?

Il y a des sorciers puissants et des elfes dans Gagner la guerre, mais la magie est relativement secondaire dans l’intrigue.

C’est adaptable à l’écran ?

Bien sûr. Qui n’aime pas regarder un film ou une série avec un tueur cynique et roublard, qui passe son temps à tuer ou à se faire taper dessus au service d’un magistrat cynique et corrompu ? Ceci mis à part, les aventures de Benvenuto sont hautement télégéniques, notamment cette fantastique poursuite sur les toits de Ciudalia.