Le monde d'après: « L’ultime frontière » de Giselda Gargano nous préservera-t-elle du chaos ?

PRIX LITTERAIRE « L’ultime frontière » de Giselda Gargano, lauréat du prix « 20 Minutes » du roman, est paru en novembre 2021 chez Les Nouveaux Auteurs

Vanessa Paunovic membre de la communauté 20 Minutes Livres.
— 
L'ultime frontière
L'ultime frontière — Les nouveaux auteurs
  • Les lectures coups de cœur, ça se partage.
  • Notre communauté vous recommande chaque jour un nouveau livre.
  • Aujourd’hui, « L’ultime frontière » de Giselda Gargano, lauréat du prix « 20 Minutes » du roman, paru le 25 novembre 2021 aux éditions Les Nouveaux Auteurs.

Vanessa Paunovic, contributrice du groupe de lecture 20 Minutes Livres, vous recommande L’ultime frontière de Giselda Gargano, lauréat du prix 20 Minutes du roman paru le 25 novembre 2021 aux Éditions Les Nouveaux Auteurs.
 

Sa citation préférée :

« Des cris de guerre retentissaient dans ma tête. Nous n’avions pas le permis de tirer. C’était comme de démasquer le démon et de lui proposer une médiation pacifique assis sur un tronc d’arbre. La folie. Comme dans la bataille de Verdun les premiers d’entre nous à avancer avaient la sensation de monter à l’échafaud. »



Pourquoi ce livre ?

 
  • Parce que ce récit passionnant offre une immersion puissante et émouvante, empreinte d’un réalisme acerbe, dans les conflits armés, en touchant le sens et la portée de l’action humanitaire. L’autrice dresse un ensemble choral de portraits liés et engagés : logisticiens, soignants, communicants… Un vieux médecin coordinateur, son fils casque bleu, une infirmière, la responsable de communication d’une ONG.
  • Parce que Giselda Gargano met en exergue le contraste entre la réalité de pays en guerre et les préoccupations de ceux qui restent en lieu sûr ou qui instrumentalisent les images sur le terrain pour recueillir des dons et subventions.
  • Parce que ce sujet fort mené sur un ton juste amène à la réflexion sur ce que chacun fait ou pas pour l’autre, pour la société et pour la paix dans le monde. Quant au « monde d’après », thème de l’édition 2021 du prix 20 Minutes du roman, il apparaît comme un leurre car l’histoire ne fait que se répéter. Les guerres, les romans familiaux, les trajectoires des uns et des autres et la finalité désenchantée est la même pour tous. Peut-être que le monde d’après, le monde meilleur, n’existe pas en fin de compte parce qu’il y aura toujours des candidats à la traversée de cette ultime frontière, celle qui permet de conserver son humanité et qui en est garante.
  • Parce qu’il y aura toujours des individus prêts à commettre le pire par folie ou par intérêt, pour le gain ou pour le mal, mais il y a aussi des femmes et des hommes prêts à donner leur vie pour sauver le monde. Alors l’espoir se situe là dans le récit, dans cet antagonisme, cette division de l’humain.
  • Parce que ce roman est en phase avec l’actualité : les conflits armés aux motifs économiques dissimulés par d’autres luttes, le dilemme entre faire la guerre pour maintenir la paix ou une domination économique sur des territoires…
  • Parce que ce récit est aussi une histoire de filiation, de transmission entre un père et son fils. L’absence n’empêche pas de tresser des liens, tous deux sont prêts à risquer leur vie pour en sauver d’autres. Il y a quelque chose qui relève du jusqu’au-boutisme, de l’adrénaline nécessaire pour continuer à aller à la rencontre des populations vulnérables et engager son destin malgré les terrains menaçants.
     

L’essentiel en 2 minutes

L’intrigue. Quatre destins passionnants qui s’entremêlent sur des terrains hostiles et une plongée immersive dans le microcosme d’une ONG d’aide humanitaire.

Les personnages. Anja infirmière, Sébastien casque bleu, Jaime infirmier et Jacques chirurgien.

Les lieux. Paris, Vietnam, Bosnie, République du Congo

L’époque. Contemporaine avec des retours sur des conflits passés.

L’auteur. Giselda Gargano est Italienne, journaliste et psy. Elle est arrivée en France à l’âge de 25 ans, a appris à écrire la langue française avant de la parler et s’est engagée dans l’humanitaire en travaillant à la communication d’une ONG. L’ultime frontière est son premier roman.

Ce livre a été lu en étant impressionnée par sa force, tant dans sa forme que dans son contenu d’une précision scientifique. C’est une fiction, mais on la sent emprunte d’une expérience du terrain, du vécu de son autrice. C’est un roman qui amène le débat, qui invite à se poser la question du sens de nos choix et qui met en lumière le sublime et l’atroce dans l’être humain.

Vous voulez nous recommander un livre qui vous a particulièrement plu ? Rejoignez notre communauté en cliquant ici

20 Minutes de contexte

Une partie des liens de cet article sont sponsorisés. A chaque fois que vous achetez un livre via l'un d'entre eux, nous touchons une commission qui nous aide à payer nos factures. Pour éviter tout conflit d'intérêts, nous avons adopté la méthode suivante:

1. Les contributeurs de la rubrique choisissent leurs livres, réalisent leurs fiches et leur critique en toute indépendance, sans se soucier des liens éventuels qui seront ajoutés.

2. Les liens sont ajoutés a posteriori, à chaque fois que nous trouvons le produit recommandé sur une de nos plateformes partenaires.

Merci d'avance à tous ceux qui cliqueront !