Littérature : Le Sud-africain Damon Galgut remporte avec « The Promise » le Booker Prize

RECOMPENSE Selon son auteur, le vrai sujet du livre, qui retrace la progressive dislocation d’une famille blanche de Pretoria, est « le temps et comment le temps passe »

20 Minutes avec AFP
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L'auteur sud-africain Damon Galgut a remporté le 3 novembre 2021 le Booker Prize pour son livre « The Promise ».
L'auteur sud-africain Damon Galgut a remporté le 3 novembre 2021 le Booker Prize pour son livre « The Promise ». — Shutterstock

Sa troisième « finale » aura été la bonne. L’auteur sud-africain Damon Galgut a remporté mercredi soir le Booker Prize, prestigieux prix littéraire britannique, pour The Promise. Son livre traite du temps qui passe dans une famille de fermiers blancs dans l’ Afrique du Sud post-apartheid.

« Je suis profondément, humblement reconnaissant », a déclaré le lauréat de 57 ans, finaliste pour la troisième fois. Il a en outre salué une « grande année pour l’écriture africaine », marquée par le prix Nobel de littérature d’Abdulrazak Gurnah, Britannique né à Zanzibar.

Un livre « avec une signification historique et métaphorique »

En recevant le prix, Damon Galgut a souligné vouloir l’accepter pour « toutes les histoires qui ont été racontées et celle qui ne l’ont pas été », les écrivains, reconnus ou non, « de ce remarquable continent ». Couvrant la période de la fin de l’apartheid jusqu’à la présidence de Jacob Zuma, son livre retrace, au fil d’une série d’enterrements, la progressive dislocation d’une famille blanche de Pretoria alors que le pays émerge vers la démocratie.

La présidente du jury, l’historienne Maya Jasanoff, a souligné l'« originalité » et la « fluidité de voix incroyables », de l’ouvrage, « un livre dense, avec une signification historique et métaphorique ». Dans une vidéo diffusée avant l’annonce du résultat, l’auteur a expliqué qu’il voulait montrer « le passage du temps et ce qu’il fait à la famille, ce qu’il fait à la politique du pays et ce qu’il fait aux notions de justice ». Le vrai sujet du livre est « le temps et comment le temps passe ». Si un message était à retenir, « ce serait que la mortalité est ce qui sous-tend toutes nos vies », « nous vieillissons tous et tout change au fur et à mesure que le temps passe ».

Cinq autres finalistes

Les six ouvrages retenus pour la finale avaient été sélectionnés par les cinq jurés parmi 158 romans publiés au Royaume-Uni ou en Irlande entre le 1er octobre 2020 et le 30 septembre 2021. Y figuraient l’américaine Patricia Lockwood, en lice avec No One is talking About This, qui met la tragédie d’une vie face à « l’absurdité » des réseaux sociaux, ainsi que deux de ses compatriotes : Richard Powers avec Bewilderment, dans lequel un astrobiologiste s’échappe vers des mondes fantastiques alors qu’il aide son fils perturbé, et Maggie Shipstead avec Great Circle, qui entraîne les lecteurs dans les parcours entrelacés d’une aviatrice du XXe siècle et une star de Hollywood du XXIe siècle.

Les autres finalistes étaient l’écrivain sri lankais Anuk Arudpragasam avec A passage North, qui évoque traumatismes et souvenirs de la guerre civile au Sri Lanka et la Britannico-Somalienne Nadifa Mohamed pour The Fortune Men, basé sur l’histoire vraie d’un Somalien injustement condamné et exécuté pour le meurtre d’une femme au Pays de Galles en 1952.

Lancé en 1969, le Booker Prize récompense chaque année l’auteur du « meilleur roman écrit en anglais ». Le vainqueur gagne une récompense de 50.000 livres (environ 55.000 euros) et l’assurance d’une renommée internationale.